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« Au Québec, les diplômes comptent moins qu’en France »

INTERVIEW – Jean-Claude, 32 ans, est installé depuis 10 ans au Québec. Il témoigne de son expérience d’expatrié et de son intégration réussie en donnant quelques conseils pour ceux qui souhaitent venir s’installer dans « La Belle Province ».

Depuis quand es-tu installé au Québec et quelle est ton activité ?
Je suis parti le 1er octobre 2000. Je suis dans une situation un peu particulière vu de la France mais commune ici, j’ai en fait deux emplois. Je suis parajuriste (propriété intellectuelle, construction et droit du travail) et je suis également consultant en informatique (principalement la protection des données dans le domaine juridique et comptable).

Pourquoi es-tu parti ?
J’en avais marre de rester en Bretagne. J’avais l’impression de stagner et je voulais voir le monde. En plus, la morosité ambiante n’était pas vraiment encourageante pour un jeune. Je traînais beaucoup sur des chats où je côtoyais beaucoup de Québécois. Ça m’a donné l’envie d’aller voir le pays. Je suis donc parti en vacances le 1er octobre 2000 et… je ne suis jamais rentré, sauf pour des vacances et mes papiers.

Quelles sont les difficultés professionnelles que tu as pu rencontrer et comment s’est passée ton intégration ?
J’avais une licence de droit privé quand je suis arrivé, j’ai dû faire des équivalences puis continuer en droit et sciences politiques. En marge, vu que je ne pouvais pas travailler (visa étudiant), j’ai aussi étudié l’informatique en réseautique et en environnement GNU/Linux.
L’intégration a été assez simple. Les français sont appréciés dans les milieux professionnels. Pour 70% des entreprises, il faut être bilingue donc il ne faut surtout pas négliger l’anglais (les salaires sont aussi plus intéressants).

Qu’est ce tu apprécies le plus dans ta vie d’expatrié ?
L’importance accordée aux diplômes est moins vitale qu’en France. On laisse une chance aux gens. Ils valorisent bien plus les aptitudes personnelles que scolaires et trouvent souvent le moyen d’exploiter les compétences d’une personne. Ainsi, tu as des compagnies où certains cadres supérieurs ont commencé en bas de l’échelle et dont les compétences se sont révélées intéressantes pour les employeurs.
Outre ce rapport aux diplômes, les gens sont souvent agréables et gentils, on peut parler aux gens aux arrêts de bus ou de métro sans qu’ils pensent que vous allez les agresser, et on a l’impression d’être en sécurité. Les loyers et la nourriture sont également moins chers. En fait, au Québec, j’ai une qualité de vie que je n’aurais pas forcément aussi facilement en France.

Et ce que tu apprécies le moins ?
Le sur-développement de l’anglais à Montréal m’exaspère un peu. Il y a quelques endroits où ils ne comprennent (ou font semblant) que l’anglais. Ce n’est pas du tout le cas en région où le français est largement dominant.
Bon soyons honnête, l’hiver ici, ce n’est pas une blague… -30 ça calme et ça dure un moment (décembre à mars, c’est assez difficile). J’ai déjà vu de la neige en octobre et en mai aussi. Heureusement c’est rare. On peut quand même avoir des activités durant cette saison mais il faut un minimum de courage.
Un autre petit point qui me dérangeait au début; il existe pas mal de préjugés sur les Français ici. Cela s’arrange facilement lorsque les gens apprennent à nous connaître mais c’est parfois un peu fatiguant.

Est-ce que tu penses pouvoir revenir vivre et travailler en France ?
Absolument pas. Vu le climat social actuel en France, c’est tout simplement inenvisageable. Je ne suis pas non plus prêt à sacrifier une qualité de vie que je suis certain de ne pas retrouver en France. Pour moi, la France est devenu une destination touristique. Je m’intéresse toujours beaucoup au pays (à la politique notamment) mais retourner y vivre me paraît impossible. En 10 ans, j’ai surtout vu un pays qui se dégrade au niveau de l’emploi et au niveau social.

Pour terminer, quels conseils donnerais-tu à des personnes qui souhaitent s’installer au Québec ?
Venez d’abord en vacances ou en PVT (programme vacances travail) y faire un tour et armez-vous de patience avec l’immigration si vous tentez ce que l’on appelle l’immigration permanente. C’est un peu long mais le jeu en vaut vraiment la chandelle.
N’hésitez pas non plus à venir ici étudier et ce, même sans échange ! Le prix d’une session universitaire pour un Français est le même que pour un Québécois grâce à des accords franco-québécois. Ainsi, une année d’étude à l’université vous coûtera environ 2400$CAD (1735 euros).
Il ne faut pas non plus avoir peur de l’hiver. Il est froid mais contrairement à la France, le pays n’est que très rarement paralysé, la vie continue !

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