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Arrêts maladie : 19% des salariés retournent au travail quand même

C’est une étude qui tord le cou à une idée reçue : si l’arrêt maladie affecte plus du tiers des salariés pour une moyenne de 35,5 jours par an, 19% d’entre eux y renoncent partiellement ou totalement. C’est en tout cas la conclusion de l’étude Ifop sur l’absentéisme au travail menée pour l’organisme de prévoyance Malakoff Médéric.

Cette étude, basée sur les déclarations annuelles des données sociales (DADS) des entreprises clientes, portaient donc sur près de 2 millions de salariés dans 61 000 entreprises. Elle a été complétée par trois études approfondies menées auprès de salariés, de dirigeants et de médecins généralistes.

L’arrêt maladie, une décision complexe

On apprend ainsi que 19 % des arrêts de travail prescrits au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête, réalisée en octobre 2016 par l’Ifop, n’ont pas été respectés, dont 7 % ont été pris mais pas en totalité et 12 % n’ont pas été pris du tout. Parmi les 19 % de salariés qui n’ont pas pris leur arrêt maladie, 72 % indiquent l’avoir directement refusé et 28 % l’avoir accepté dans un premier temps avant d’aller tout de même travailler.

Comment fonctionne l’arrêt-maladie ?

De la grippe à la dépression nerveuse

Quels sont les principaux motifs d’arrêts ? Rhume, grippe, ce qu’on appelle plus communément les maladies ordinaires représentent 28% des arrêts (65% des arrêts courts). 18% des arrêts sont dus à des troubles musculo-squelettiques et 17% à des troubles psychologiques. Lorsque l’arrêt maladie est lié à la vie professionnelle, les trois principaux facteurs aggravants sont un travail perçu comme nerveusement fatigant (26%), plusieurs changements de travail vécus dans l’année (21% de chances en plus) et des conditions de trajets difficiles (32% de chances en plus).

Arrêt maladie : quelles sont les obligations du salarié ?

Des trentenaires et des ouvriers pour qui la vie au travail est plus difficile

La population des 30-39 ans est la plus concernée par l’absentéisme avec 37,8% des salariés ayant eu au moins un arrêt de travail contre 34,3% des 40-49 ans. En cause ? Une conciliation vie privée et vie professionnelle difficile surtout quand on est jeunes parents. Les femmes assument souvent une part plus importante de la charge familiale, elles sont donc 37,5% à avoir eu un arrêt maladie en 2016 contre 30,4% des hommes. Plus nombreuses à exercer un emploi non qualifié, elles sont aussi plus sujettes à des conditions de travail difficiles d’où ce pourcentage plus important.
Concernant les profils : ce sont les ouvriers qui sont le plus touchés par l’absentéisme (40,7%), suivis par les agents de maîtrise et les techniciens (36,2%) ainsi que les employés (34,5%). Chez les cadres, on ne compte que 27,8% d’absents.

Des salariés qui ne veulent pas s’arrêter

Mais l’étude met en lumière un autre phénomène émergent : les salariés qui ne veulent pas s’arrêter. L’étude rapporte ainsi que 19% des arrêts de travail n’ont pas été respectés. Les raisons principales évoqués sont : « Il n’est pas dans mes habitudes de me laisser aller », « les journées travaillées ne sont pas prises en charge »  ou « j’ai peur d’être surchargé à mon retour ».  Une décision que 4 salariés sur 10 regrettent ensuite : qualité de travail qui s’en ressent, rhume qui ne guérit pas, moral en baisse…

Présentéisme : 31 % des salariés se rendent au travail quand ils sont malades

Amélioration des conditions de travail, coaching santé…

Les professionnels de santé et les entreprises s’accordent sur le fait que l’absentéisme pourrait être mieux appréhendé en entreprise : en effet, les entreprises qui la pilotent eux-mêmes de manière régulière ont vu leurs indicateurs d’absentéisme s’améliorer (baisse de 13% de jours d’absence par salarié en moyenne) quand les entreprises qui n’ont mis aucun plan d’action en place ont vu le nombre de jours d’absentéisme augmenter de 15%.

22% des salariés se sentent contraints de revenir plus tôt

Quelles solutions mettre en place ? La baisse de l’absentéisme passe par la combinaison de plusieurs actions :  améliorer les conditions de travail, permettre une meilleure conciliation vie privée/vie professionnelle, mettre en place des programmes de coaching santé. Mais cela passe aussi sans doute par un peu plus de confiance des dirigeants envers leurs salariés et moins de défiance : en effet, 22% des salariés reviennent au travail avant la fin de leur arrêt maladie parce qu’ils se sentent contraints de le faire par leur hiérarchie.

(L’étude complète ici)

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