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Améliorer les compétences stimulerait la création d’emplois en France

Malgré l’embellie actuelle constatée sur le marché du travail, du fait du bon moral des employeurs et de l’augmentation du nombre d’offres d’emploi, le taux de chômage reste élevé. En cause : l’inadéquation entre les postes proposés et les profils disponibles. Face à la pénurie de compétences, l’OCDE préconise à de nombreux pays dont la France d’« améliorer l’égalité d’accès à un enseignement et une formation de qualité et promouvoir une meilleure utilisation des compétences ».

Plus qu’une crise, un « déséquilibre profond et durable »

Le taux de chômage en France s’élève à 9,7 % (chiffres Insee de novembre incluant les départements d’outre-mer, hors Mayotte). Les personnes non qualifiées sont en première ligne : le taux de chômage des ouvriers non qualifiés (20,3 %) est 5 fois supérieur à celui des cadres, et 2,5 fois plus que celui des employés (10,2 %). Comme l’analysait l’Insee début 2017, « des générations entières de populations peu diplômées – nées à partir de la fin des années 1960 – n’ont connu que le chômage de masse. Pour ces milieux populaires, il ne s’agit plus de ‘crise’ mais d’un déséquilibre profond et durable. Un nouveau régime s’est installé sur le marché du travail ». Une situation particulièrement marquée chez les jeunes peu qualifiés. Pour preuve, 70 % des jeunes de la génération 2013 ayant un emploi étaient en CDD. Et surtout, 39 % l’étaient encore en 2016, trois ans après, selon une étude du Céreq.

La France en retard sur la formation pour adultes

En France, seulement 32 % des adultes ont suivi une formation liée à l’emploi ces 12 derniers mois, et ce taux s’élève à 12 % chez les personnes peu qualifiées. A contrario, dans certains pays comme le Danemark, la Norvège, la Finlande, la Nouvelle-Zélande, ils sont plus de 55 % à en avoir bénéficié. L’Etat français planche justement sur une nouvelle réforme de la formation professionnelle, avec au programme, entre autres, la mise en place d’un système de labellisation des organismes de formation et la création d’une application en ligne facile à utiliser, dans la continuité du CPF en ligne, pour clarifier l’information.

La France a un profil particulier : les jeunes et les adultes ayant un faible niveaux de compétences à l’écrit et en mathématiques y sont plus nombreux que dans la plupart des autres pays de l’OCDE. L’offre de formations pour adultes est plutôt restreinte par ailleurs. Ainsi, offre et demande sur le marché du travail sont en inadéquation. La pénurie de compétences (ou « hard skills ») se ressent dans de nombreux domaines d’activités : enseignement, formation, ingénierie (numérique, télécoms…). Et cette pénurie touche également les « soft skills » : expression orale, résolution de problèmes complexes, management… soit des compétences transversales également très recherchées.

Des mesures insuffisantes ou sous-utilisées

Face à ce phénomène, certaines solutions ont été trouvé. L’alternance et l’apprentissage en font partie, mais restent sous-utilisés. La création du CPF, amenant la portabilité des droits, est une avancée positive même si l’OCDE recommande d’en simplifier les modalités, qui va également dans le sens du gouvernement en préconisant la mise en place d’un système de contrôle de la qualité des offres de formation. L’offre de formations s’est également étoffée mais elle reste insuffisante et pas toujours adaptée aux véritables besoins des entreprises.

Pour l’OCDE, c’est dès le parcours scolaire qu’il faut agir et en cela, l’orientation professionnelle est « déterminante ». Si les services d’orientation scolaire se sont adaptés aux besoins du marché du travail et des services gratuits comme le CEP (Conseil en évolution professionnelle) ont été mis en place, la multiplicité des dispositifs et des acteurs rend l’information éparpillée et peu lisible. L’orientation professionnelle se fait encore trop souvent sans lien avec les besoins du marché du travail. De même, les résultats des évaluations de ces besoins sont peu utilisés.

Ainsi, l’OCDE recommande « la création d’une plateforme de partage des connaissances entre les parties prenantes et d’un portail facile à utiliser réunissant toutes ces informations ». L’Organisme ne s’éloigne pas des poncifs sur le sujet mais son rapport constitue une bonne piqûre de rappel quant à l’urgence de mettre en place « des stratégies effectives pour s’attaquer aux déséquilibres de compétences en France ». Et les bonnes cette fois.

Sources :
OCDE (2017), Obtenir les bonnes compétences: France, Éditions OCDE, Paris.
Insee – © Observatoire des Inégalités
Céreq : « Quand l’école est finie »

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