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Amazon : Robots – 1 / Salariés – 0 ?

100 000. C’est le nombre de recrutements supplémentaires qu’Amazon a annoncé pour faire face aux pics de Thanksgiving, du Black Friday, de la grande journée de soldes, et bien sûr Noël. Le chiffre donne le tournis ! Pour autant, aussi impressionnant soit-il, ce nombre est en baisse comparé aux campagnes de recrutements de 2016 ou 2017, où le géant du e-commerce avait recruté 120 000 travailleurs temporaires. Une grande première dans les annales d’Amazon.

(crédit : Pexels/Matan Segev)

Baisse d’activité ? Pas du tout. Pour Mark May, analyste au sein de la société financière Citi, et dont les propos ont été relayés sur Quartz, la réduction des recrutements saisonniers est une preuve solide qu’Amazon a lancé son plan d’automatisation des tâches dans ses entrepôts, et que celui-ci est à la hauteur des attentes. « Nous avons constaté une accélération de l’utilisation des robots dans leurs centres de distribution, un nombre qui correspond à celui des travailleurs non-embauchés pendant les vacances » a-t-il déclaré à CNBC le 2 novembre dernier.

Plus de 100 000 robots « aux côtés » des salariés

Robots : 1 // Salariés : 0 ? Ce n’est si pas simple, évidement. Le nombre d’embauches temporaires ne peut être interprété de manière aussi tranchée. Dans un communiqué, la porte-parole d’Amazon, Ashley Robinson, a ainsi répondu à Mark May sur la baisse des recrutements saisonniers : « Nous avons choisi de concentrer nos efforts sur les recrutements durables et à temps plein dans nos centres de traitement des commandes », affirme-t-elle, précisant au passage que la société a créé « plus de 130 000 emplois » rien qu’au cours de la dernière année.

C’est un mythe que celui de l’automatisation qui remplace le recrutement de salariés et détruit les créations nettes d’emplois

Pour continuer dans la guerre des chiffres, Mrs. Robinson remonte même jusqu’en 2012, année depuis laquelle Amazon aurait créé plus de 300 000 emplois équivalent temps plein. « C’est un mythe que celui de l’automatisation qui remplace le recrutement de salariés et détruit les créations nettes d’emplois. Nos équipes travaillent aux côtés de plus de 100 000 robots, dans plus de 26 centres de traitement des commandes à travers le monde, et nous sommes ravis de continuer à développer la technologie que nous utilisons sur nos sites tout en renforçant notre effectif mondial ».


(crédit : istockphoto.com/cybrain)

60 minutes pour l’homme, 15 minutes pour le robot

En effet, en 2012, l’entreprise rachetait la société de robotique Kiva Systems (pour la modique somme de 775 millions de dollars). Et depuis la mise en service des robots orange fin 2014, la manière d’appréhender les recrutements a résolument changé.

D’après quelques chiffres rendus publics en 2016, « les petits gars orange » comme les surnomment May, pouvaient déjà gérer le tri, la sélection, l’emballage et le transport des colis en 15 minutes. Un process qui nécessitait environ 60 minutes auparavant, quand il était pris en charge par les humains. 45 minutes en moins pour… 2,5 milliards de dollars d’économies selon les calculs de la Deutsche Bank. Un chiffre finalement réduit à 880 millions de dollars, compte tenu des coûts d’installation des robots dans chaque entrepôt. Il est alors facile d’imaginer qu’en deux ans, depuis les chiffres de 2016, ces performances et ces résultats se sont largement améliorés…

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Une fin d’année annonciatrice ou un effet de mode ?

A l’instar d’Amazon, cette fin d’année 2018 pourrait-elle être un signe avant-coureur de ce qui va se passer dans les secteurs employant de la main-d’œuvre peu ou pas qualifiée ?

A l’autre de l’autre bout de la planète, la chaîne de restaurants chinois Haidilao prend elle aussi le virage de la robotisation. Si ce nom ne vous dit sûrement rien, ces restaurants sont pourtant très populaires en Chine. Leurs signes distinctifs ? La fondue chinoise (plat culturel, convivial et social par excellence), et surtout l’attention soignée portée à l’expérience client. Une attention qui se déclinera bientôt sur le mode robot puisque dans ces établissements, ce seront bientôt les humanoïdes qui prendront les commandes, prépareront et serviront les plats aux clients.

Une automatisation qui permet, certes, de réduire le coût de la main d’œuvre et décupler l’efficacité, mais qui permet surtout de passer outre les problèmes d’embauche et la pénurie de candidats. Haidilao a l’intention d’ouvrir jusqu’à 5 000 restaurants en Chine et à l’étranger, une ambition qui pourrait être « difficile à atteindre en termes de personnel » a commenté Jun Yamashita, directeur général de Ying Hai Holding, la coentreprise formée par Haidilao et Panasonic Corp (producteur des batteries de robots et responsable de l’aspect technologique). « C’est pourquoi Haidilao est déjà en train de passer à une exploitation qui ne dépend plus d’une ressource manuel » a-t-il ajouté.

S’il est probable que, passé l’effet de mode, de nombreux consommateurs tourneront le dos au projet d’Haidialo, il n’en reste pas moins que le secteur de la restauration semble voué à être automatisé, lui aussi. Les chaînes de restauration rapide américaines McDonalds et Wendy’s optent de plus en plus pour des kiosques en libre-service, et dans certains restaurants californiens, ce sont des robots qui préparent les hamburgers. La France, pays de la gastronomie devra-t-elle, elle aussi, se convertir aux robots pour paliers ses grandes difficultés de recrutements dans le secteur ? Si l’automatisation n’est pas toujours synonyme de réduction d’effectifs, dans certains cas, il semblerait qu’il n’y ait pas de choix…

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