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Acteur, coach … la double vie de Bruno Madinier

Depuis 27 ans, Bruno Madinier est acteur (Les Cordier, juge et flic, Demain nous appartient, Mes amis, mes amours, mes emmerdes...) et coach pour les entreprises. Il raconte comment il arrive à mener de front ces deux carrières.

Bruno Madinier, ex-juge Cordier est aussi coach pour les entreprises depuis 27 ans. (GettyImages/marchmeena29).

Aujourd’hui coach et acteur vous avez pourtant commencé votre carrière en tant qu’acteur ?

J’ai fait du théâtre tout au long de ma scolarité. Mais après le bac, je me sentais encore trop jeune pour affirmer mon choix de devenir acteur. J’ai fait une préparation aux grandes écoles de commerce avant d’intégrer HEC. A côté de mes études, je continuais de suivre des cours de théâtre et de jouer dans des spectacles. J’ai créé une compagnie avec des élèves comédiens comme moi et nous avons créé plusieurs spectacles en tournées d’été. Après avoir intégré mon école de commerce, je me suis vite rendu compte que je n’avais pas envie de suivre un parcours classique en entreprise et que ma vocation d’acteur s’affirmait de plus en plus. J’ai passé le concours et suis rentré au Conservatoire National d’Art Dramatique de Paris. Durant 3 ans j’ai énormément appris au côté de metteurs en scène et de professeurs prestigieux, comme Pierre Debauche, Antoine Vitez, Claude Régy, André Engel …

C’est à ce moment-là que vous avez débuté votre carrière de comédien ?

J’ai débuté ma carrière au théâtre et puis rapidement sur des tournages. Durant 10 ans je n’ai exercé que mon métier de comédien. C’est la série Les Cordier, juge et flic qui m’a fait connaître auprès du grand public. Si le métier me plaisait beaucoup, je supportais de moins en moins les périodes de latence entre deux projets. La vie d’acteur fonctionne par à-coups. Tout d’un coup tout s’enchaîne et puis parfois pendant plusieurs mois il ne se passe plus rien. Je me suis alors dit que je pourrais mettre en place une activité secondaire et je me suis intéressé à l’enseignement. J’ai recontacté mon directeur d’HEC pour lui proposer de mettre en place des cours de communication pour de étudiants de première année à HEC. En commençant à enseigner j’ai rencontré des professionnels ce qui m’a amené à développer des programmes dans le cadre de la formation continue. C’est comme cela qu’est née mon entreprise Madinier et Associés il y a 27 ans.

Vous avez donc aujourd’hui la double casquette : acteur et coach ?

Absolument. Aujourd’hui, je suis aussi connu par mon activité de formation et de coaching par les entreprises qu’en tant qu’acteur par le public. Au départ c’était une activité secondaire et maintenant je travaille avec une vingtaine de coachs, des réalisateurs, des comédiens, des chanteurs mais aussi des psychologues, des coachs qui viennent du monde de l’entreprise. Depuis 27 ans, nous avons formé aux softs skills plus de 60 000 personnes dans plus de 200 entreprises différentes. Certains de ces projets ont un dimension globale et internationale et impliquent parfois de 1500 à 2000 participants.

Comment gérez vous ces deux activités au quotidien ?

J’ai toujours géré les deux activités de front. J’ai passé récemment deux mois à Sète pour un tournage. Le rythme était intense. Mais je reste en connexion à distance avec mon équipe au bureau. Si je joue au théâtre à Paris, je joue le soir et je suis au bureau la journée. Si je suis en tournée, je travaille à distance pendant la journée et je joue le soir. Les outils technologiques ont vraiment fait bouger la donne . Avec mes équipes, nous  travaillons beaucoup à distance, ce n’est donc pas un problème.

Quelles sont les spécialités de votre cabinet ?

Nous sommes spécialisés dans le développement de compétences comportementales, communément appelées softskills (communication, intelligence relationnelle, management, leadership). Nous proposons également du coaching, des séminaires d’équipe, des évènements. Et nous accompagnons les collectifs dans leurs évolutions et transformations.

Nos métiers d’origine nous donnent  une vraie légitimité pour développer un regard différent et libre sur ce qui se passe dans les entreprises,  ce qui est un vrai plus pour aider les individus et les collectifs à se développer. Nous leur apportons une liberté d’observation sur leur comportement, des nouvelles façons de faire, des méthodes de développement individuel et collectif et surtout la notion de JEU. Je reste convaincu qu’on se développe et on apprend que si on trouve du plaisir à le faire. Nous aidons  les participants à incarner leur propre rôle : “qui je suis vraiment, comment j’incarne qui je suis, comment je suis perçu par les autres dans ma posture et dans mes actes ”.

Du fait de votre deuxième activité professionnelle, vous interdisez-vous des choses en tant qu’acteur ? Des rôles que vous ne pouvez pas jouer ?

Je ne m’interdis rien en tant qu’acteur. Mon dernier rôle était celui d’un pervers narcissique absolument odieux, ce que je ne suis pas dans la vie. Mais c’était un rôle très intéressant d’un point de vue psychologique.

Si les professionnels des RH disent de plus en plus s’intéresser aux soft skills. Pourtant pour 78 % d’entre eux, les compétences techniques restent prioritaires. Qu’en pensez-vous ?

Pour développer une expertise dans un métier, nous avons besoin, c’est certain, d’acquérir des compétences techniques. Mais ce qui nous fait progresser, mûrir, étendre notre influence et notre rayonnement personnel, développer des relations avec notre entourage ce sont les soft skills.  Ce n’est pas inné. On n’apprend pas le management des hommes dans les écoles de management. Cela s’apprend sur le terrain ou dans des programmes de formation continue. Je pense, d’autre part,  qu’aujourd’hui il y a un décalage entre ce que les neurosciences et les études comportementales et sociologiques  nous apprennent et la façon dont les entreprises sont gérées. Ce décalage va en se renforçant.  Si certaines entreprises appliquent des innovations managériales, nous restons encore massivement dans une approche taylorienne de direction des entreprises, qui n’est pas adaptée aux désir des jeunes générations ni à la complexification des activités.

Quelles sont les problématiques les plus courantes que vous rencontrez ?

Ce sont essentiellement des problèmes de communication, de management, de leadership. Nous remarquons aussi des situations de tensions relationnelles dues très souvent à un manque flagrant de reconnaissance  et des problèmes de manque de sens (le sens que je donne à mon travail, l’ambition qu’ont les leaders pour leur collectif).

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