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3 millions d’emplois menacés, le côté obscur de la robotisation

Il était une fois la robolution… « Le remplacement de l’homme par la machine est peu à peu devenu une réalité ». C’est ce qu’affirme le cabinet Roland Berger Strategy Consultants dans un rapport choc intitulé « Les classes moyennes face à la transformation digitale ». Dans ce document, le cabinet affirme que 42% des métiers seront automatisables d’ici 20 ans. Et ce ne sont pas uniquement des métiers manuels. Et d’ici 2025, 3 millions d’emplois risquent d’être détruits en France par la digitalisation de l’économie.

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Rage envers la machine ?

Le débat n’est pas nouveau : la robotisation de l’économie est-elle créatrice ou destructrice d’emplois ? Dans le camp pro-robots on plaide l’équilibrage entre d’un côté les emplois qui disparaissent et ceux générés par la manne robotique. Pour preuve, les pays où le secteur de la robotique est le plus avancé (Japon, Allemagne et Etats-Unis) sont aussi ceux où le taux de chômage est le plus bas…

De l’autre côté, on s’inquiète tout de même du remplacement des hommes par les machines, avec en filigrane une peur ancestrale de l’ennemi robotisé nourrie en partie par les films de science-fiction.

Une nouvelle vague de l’automatisation

Mais aujourd’hui, nous n’en sommes plus seulement à la robotisation mais plutôt à la digitalisation de la société et de l’économie. Dans le secteur du web et des nouvelles technologies, les entreprises digitales créent des emplois mais, selon Roland Berger, « ils ne se substitueront pas aux emplois détruits, ni en termes de niveau de compétences requis, ni en termes de position sur la chaîne de valeur, ni en termes de répartition géographique ».

Un avertissement pour la France qui a déjà raté le train de l’automatisation du secteur secondaire dans les années 90 et qui ne peut pas se permettre de louper la transformation digitale à venir.

Certaines technologies seront ainsi déterminantes pour créer de la productivité et de l’emploi dans le futur : le big data, le cloud, les objets connectés et la robotique en tant que telle notamment avec les véhicules autonomes qui vont ouvrir de nouveaux chemins de croissance pour le secteur des transports.

Technos-emplois

Les métiers de services ne seront pas épargnés

Voilà pour les bonnes nouvelles, mais il y a aussi un revers de la médaille. La révolution digitale présente « un caractère nouveau et inattendu ». Des métiers intellectuels ou de services qu’on croyait à l’abri de toute automatisation sont à leur tour menacés. « Ce qui rend une tâche automatisable à l’heure du digital, c’est avant tout son caractère répétitif, qu’elle soit manuelle ou intellectuelle » explique le rapport de Roland Berger. Car les robots et leurs cousins les algorithmes font déjà beaucoup mieux que nous les humains dans de nombreux domaines : le recrutement, la finance ou la médecine. Et demain pourquoi pas dans le journalisme ou le commerce ? On prédit que d’ici quelques années un robot sera capable de remporter le prix Pulitzer et au Japon on embauche déjà des robots vendeurs. Et en ce qui concerne la santé, le robot Watson est capable d’apporter un diagnostic beaucoup plus fiable que celui des praticiens les mieux payés.

Travailler en coopération avec les robots

Roland Berger cite également des métiers comme courtier en assurance déjà menacé par la gestion de portefeuille en ligne, les logiciels prédictifs ou les sites de courtage automatisés qui comparent les offres à la vitesse de la lumière.

Beaucoup de métiers sont donc menacés de disparition pure et simple. D’autres devront travailler différemment en coopération avec les robots. C’est le cas des médecins par exemple qui devront s’adapter quand d’autres professions para-médicales comme les techniciens de laboratoire ont du souci à se faire. Tous les métiers vont donc être marqués par une polarisation : d’un côté ceux qui se transforment, qui mutent, et de l’autre, ceux qui laissent leurs places à des robots plus efficaces.

42% des emplois français automatisables d’ici 20 ans

Au total en se basant sur la méthodologie d’universitaires d’Oxford sur les emplois menacés par la computérisation, le cabinet Roland Berger estime que 42% des emplois français sont automatisables d’ici 20 ans. D’après ces prévisions, c’est la classe moyenne qui risque d’être menacée de disparition. A l’avenir si on en croit ce scénario, « la fragilisation des emplois industriels peu qualifiés se poursuivra, les bas salaires associés aux faibles niveaux de qualification seront les plus exposés » indique le rapport qui avertit aussi que des « emplois intermédiaires sont également à risque ». Les fonctions administratives, juridiques ou d’encadrement intermédiaire dans les entreprises feraient partie de la liste des métiers facilement automatisable.

Metiers-informatisables

Un processus de « destruction créatrice »

Vu comme ça notre avenir parait vite réglé et peut s’attendre à « une croissance insoutenable du niveau de chômage en France ». Sauf que, selon les prédictions de Roland Berger, la digitalisation de l’économie est un « processus de destruction créatrice » – chère à Joseph Schumpeter – qui va stimuler la croissance de nouveaux emplois. Ils ne compenseront pas totalement les pertes mais de nouveaux secteurs dynamiques vont émerger. Quatre grands domaines se dessinent et profiteront alors de la révolution digitale : l’environnement, la performance des entreprises, la relation client et les nouvelles technologies en elles-mêmes. Mais les cartes de notre économie seront tout de même bien rebattues avec un risque réel de déstabilisation sociale et géographique. Préparez-vous dès maintenant pour la robolution française !

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