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21% des chômeurs ont des difficultés pour lire et écrire

Illettrisme chomagePlus de deux chômeurs sur dix ont des difficultés à lire ou à écrire. Cette « maîtrise insuffisante des savoirs de base » sur laquelle la Dares a enquêté, multiplie par 1,7 la probabilité d’être inactif.

L’illettrisme, cause nationale 2013, est un handicap important dans l’univers professionnel. Près de 5 millions de Français en âge de travailler sont concernés, soit 16% des personnes de 18 à 65 ans. La proportion est encore plus importante chez les chômeurs dont 21% éprouvent des difficultés dans l’un des domaines fondamentaux de l’écrit : lecture de mots, production de mots écrits, compréhension de texte simple…

Un problème logiquement déterminé par la formation initiale. D’après la Dares, « plus le niveau d’études est faible, plus les difficultés à l’écrit ont tendance à augmenter. 45% des adultes en difficulté n’ont jamais été diplômés et 5% jamais scolarisés ». Mais 15% ont tout de même le Baccalauréat. Un diplôme qui ne semble pas garantir sur la durée une maîtrise des savoirs de base.

Différence de salaire

En revanche, cela n’empêche pas d’occuper un emploi. 64% des personnes maîtrisant mal l’écrit en 2011 occupaient tout de même un poste. Mais la différence de qualification induit également une forte différence de salaire : « Une personne ayant des difficultés à l’écrit déclare en moyenne un salaire net inférieur de 450 euros à celui d’une personne sans difficulté », observe la Dares. Et à qualification égale, il reste une différence de salaire de l’ordre de 200 euros pour un salaire moyen de 1500 euros mensuels.

Un handicap au travail

Pour les personnes en poste, les difficultés à l’écrit compliquent également leur quotidien au travail. « La maîtrise imparfaite de l’écrit et de la lecture peut devenir de plus en plus handicapante du fait des évolutions des méthodes de travail dans les entreprises et les administrations. Les consignes orales et directes diminuent au profit d’instructions écrites : modes opératoires, consignes de sécurité, bordereaux de commande ou de livraison, notices d’utilisation des machines, messageries électroniques… » note encore l’enquête de la Dares. A tel point que certaines personnes, y compris des cadres, adoptent de véritables méthodes de contournement pour éviter de se retrouver en difficulté.

Une recherche d’emploi plus longue

C’est la même chose pour les personnes en recherche d’emploi. Aujourd’hui beaucoup de démarches doivent se faire par écrit, à distance, via des formulaires à remplir ou des questionnaires. C’est ce qui explique que les chômeurs moins armés au niveau de la lecture ont 1,7 fois plus de probabilités de rester inactifs. Leurs difficultés jouent aussi sur la durée de leur recherche d’emploi : « 30% des chômeurs en difficulté face à l’écrit cherchent un emploi depuis au moins deux ans ». Une proportion deux fois plus importante que chez les personnes sans difficulté.

La solution passe parfois par une remise à niveau, un stage pour se perfectionner dans la maîtrise des savoirs de base. Des ateliers ou des formations continues sont recensées sur le site de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme (Anlci). Le site sur l’illettrisme, grande cause nationale 2013, donne aussi quelques pistes. Mais la première difficulté à lever, c’est sans doute de briser le tabou : de le dire à défaut de pouvoir l’écrire…

Voir les résultats complets de l’enquête de la Dares.

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