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18 bonnes raisons de détester son entreprise

18raisonsdedestestersonetpLes salariés ont toutes les raisons du monde de détester leur entreprise. Le sociologue Hubert Landier en a identifié 18 dans son dernier ouvrage. Ces petites contrariétés sont partout, multiples, quotidiennes et peuvent finalement avoir de lourdes conséquences sur la vie de l’entreprise : baisse de la productivité, conflit social… Dans « 18 bonnes raisons de détester son entreprise », Hubert Landier dresse un panel de ces « vilenies » faites aux employés et nous permet de mieux comprendre pourquoi les attitudes de la direction d’apparence anodines peuvent les insupporter. Entre l’entreprise vue d’en haut et l’entreprise vue d’en bas, plus qu’un pas, c’est un fossé qui s’est creusé.
Hubert landier est un habitué des enquêtes de climat social en entreprise. Il a d’ailleurs récemment rendu une note à l’Institut de l’Entreprise sur le sujet « Des salariés engagés : qualité du management et performance de l’entreprise » dans laquelle il a tenté de répondre à l’épineuse question : « Pourquoi les Français se désintéressent-ils de leur travail ? ».

Chronique de la « violence ordinaire »

Situation paradoxale : les Français aiment leur travail mais le critiquent. Les dirigeants pensent que les salariés aiment leur entreprise et qu’ils s’y sentent bien. De leur côté, les salariés s’indignent du comportement désinvolte de leur direction, qui ne semble pas se soucier d’eux… C’est le serpent qui se mord la queue. Mais pourquoi tant de haine ? Sans doute parce que les vexations sont quotidiennes explique le sociologue : manque de respect, directives inapplicables, manifestations de mépris, objectifs contradictoires, informations trop tardives, absence d’orientations ou de dialogues…

Au quotidien, Hubert Landier décrit des situations très concrètes : une absence de « bonjour » ou de « merci », des remontrances et humiliations publiques, du café gratuit pour certains services et pas d’autres, une absence de festivités (pots de départ, repas de service…)… Les réunions s’espacent alors que les salariés en attendent plus. L’information ne circule pas et c’est par la rumeur que l’on est informé. Un chef jugé absent, peu disponible, des représentants du personnel jugés de la même manière, des collaborateurs souvent obligés de se débrouiller seuls… Les exemples sont légion. Mais au delà de l’énumération, Hubert Landier permet aux RH et aux managers de mieux comprendre ce qui couve ou ce qu’ils ne soupçonnent pas : le mal-être profond de leurs équipes.

L’impact économique du mal-être

Lire l’ouvrage d’Hubert Landier, c’est forcément retrouver une situation de travail que l’on a soi-même vécu. Que notre comportement ait été rationnel face à cette situation, que notre mal-être ait été justifié ou non, là n’est finalement pas la question. La vraie question est de savoir comment l’entreprise peut y remédier et faire que ses salariés soient le plus heureux possible. Inutile de rappeler qu’elle a tout à y gagner puisque le désengagement est un fléau qui coûte cher à l’entreprise : quand la productivité d’un salarié baisse de 20%, cela équivaut à 40 jours non travaillés par an rappelle Hubert Landier.

La clef : l’engagement de ses salariés

Il est malgré tout plus facile de montrer du doigt ce qui va mal plutôt que ce qui va bien. D’où la nécessité de relativiser. Les exemples d’entreprises où il fait bon vivre sont nombreux. Mais pour autant, le bien-être au travail ne se limite pas aux basiques comme la feuille de paye ou l’augmentation annuelle. La patron qui prétend ne pas avoir le temps de « faire du social » n’a rien compris explique le sociologue. Tout repose sur l’engagement de ses salariés. Pour le renforcer, il est nécessaire de recouvrir à « une méthodologie fondée sur l’opinion exprimée par les salariés » selon l’auteur. Il faut travailler sur les irritants sociaux qui menacent la qualité de vie. Et pour les managers, commencer par dire bonjour le matin et merci à ceux qui le méritent. Ce n’est finalement pas cher payé pour avoir des salariés heureux, non ?

« 18 bonnes raisons de détester son entreprise » d’Hubert Landier, chez Bourin Editeur (15 mai 2012), Collection « Société », 245 pages, 22€.

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Commentaires
  1. colporteur
    24 septembre 2012 - 14h36

    Suffit pas de la détester… On peut lui nuire. Et si la grève est pas à l’ordre du jour, il y a aussi d’autres moyens d’y parvenir.
    Une brève et joyeuse vidéo sur la précaritude de l’emploi. le montre. Il n’est pas certain qu’elle amuse les employeurs.
    Rien à foutre en attendant de se faire virer – Vidéo
    http://www.cip-idf.org/article.php3

  2. Chris – JobTrouveur
    24 septembre 2012 - 23h01

    Soit je suis un Bisounours, soit cette vision qui oppose l’entreprise aux salariés est caricaturale. Le monde de l’entreprise est loin d’être exemplaire, mais delà à laisser penser que c’est normal de « détester son entreprise », moi, ça me choque. Pas vous ?

  3. résistant
    24 septembre 2012 - 23h39

    C’est pourtant simple. Que ceux qui ne sont pas contents de leur entreprise créent la leur…
    M’enfin.
    On peut démarrer avec 0 euros mais c’est sûr il faut se bouger un peu.
    Alors c’est tellement plus simple de cultiver la haine de l’autre, le plus riche que soi, l’entrepreneur, le chasseur, l’aficionado, le carnivore, le conducteur de diesel, le paysan, etc, etc…
    En clair, on en veut rien branler et faire payer les autres pour combler nos désirs infantiles jamais inassouvis…

  4. pavlov
    27 septembre 2012 - 11h27

    A en juger par les 2 derniers commentaires bas de plafond on est pas sorti de l’auberge. Je cite : « jamais inassouvis… » Jamais assouvis serait plus exact. Les désirs infantiles ? Comme manger, habiter et participer sereinement ? Je crois que l’auteur de ce livre veut montrer la frustration émotionnelle de l’employé qui conduit à la peur puis la colère…

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