Un tiers des auto-entrepreneurs sont d’anciens chômeurs

GettyautoentrepreneursLe million ! Cette semaine, ce sera le nombre d’auto-entreprises créées en France en l’espace de trois ans seulement. Rien qu’en 2011, plus de 50% des créations d’entreprises sont le fait des auto-entrepreneurs (AE), selon la Fédération des auto-entrepreneurs (FDAE). Un succès qui s’explique par les facilités du statut, estime l’Insee dans sa dernière étude publiée mercredi. Dans ce document, l’Institut dresse un portrait-robot complet des AE. Chiffre d’affaires, lieu de travail, échec, désir de créer, sexe des créateurs… Tout y passe.

Une activité secondaire pour les employés du public
Selon l’Insee, « 3 auto-entrepreneurs sur 4 » ont monté leur structure grâce à ce régime particulier. Mais qui sont ces créateurs ? « Avant de créer leur auto-entreprise, 32 % des AE étaient salariés stables du secteur privé et 30 % au chômage », explique l’Insee. Le reste des AE était des salariés de la fonction publique, des étudiants ou des retraités. Entre la population en activité et celle au chômage, les motivations face à l’auto-entreprenariat sont bien différentes. Pour 80% des demandeurs d’emploi, leur entreprise devient leur activité principale, quand pour 90% des salariés du public, elle constitue une activité secondaire. Il n’en reste pas moins que pour plus de 55% des AE, leur entreprise constitue leur activité principale, avec un pic à 70% dans le secteur de la construction.

Des entrepreneurs essentiellement masculins
Si en majorité (66%), les AE sont des hommes, les créatrices d’entreprises les plus diplômés sont des femmes. Presque la moitié d’entre elles ont un niveau Bac +3. La répartition des fonctions entrepreneuriales semble assez liée au sexe des AE. Ainsi, le secteur de la construction est très masculin (97%), comme celui de l’information et de la communication (85%), alors que les femmes « sont plus présentes dans les services aux ménages et dans l’enseignement, la santé et l’action sociale où elles représentent plus de la moitié des nouveaux AE », analyse l’Insee. Le diplôme joue également sur le domaine d’intervention des AE. Les plus diplômés (niveau supérieur à Bac +2), sont deux fois plus présents dans les secteurs des activités de soutien aux entreprises quand les moins diplômés s’orientent vers le commerce et la construction. A noter que les AE sont également globalement plus jeunes que la moyenne des créateurs d’entreprise. Plus de 40% ont entre 20 et 34 ans contre 34% pour les autres créateurs et 33% pour l’ensemble de la population.

1 000 euros par mois
On le savait déjà, être le chef d’une auto-entreprise ne signifie pas forcément rouler sur l’or. Selon les données de l’Insee établies sur l’année 2010, les AE réalisent en moyenne un chiffre d’affaires de 1000 euros par mois. Un chiffre bien inférieur aux plafonds du régime : 81 500 euros annuels pour une activité commerciale, 32 600 euros pour les prestations de services et les activités libérales. Certains secteurs rapportent cependant un peu plus que d’autres. La restauration permet ainsi aux AE de dégager en moyenne un chiffre d’affaires de 1 460 euros, contre 1310 dans la construction. A l’inverse, il est le plus faible dans ceux de l’enseignement, la santé et l’action sociale (750 euros), l’industrie (720 euros) et les services aux ménages (690 euros). « Il est à noter que le chiffre d’affaires, à lui seul, ne préjuge pas des revenus tirés de l’activité d’auto-entrepreneur : il faut considérer les coûts engagés, qui peuvent être plus importants dans la restauration et la construction », précise l’Insee.

Si la création d’auto-entreprises a bondi depuis l’entrée en vigueur du dispositif en 2009, le régime semble néanmoins arriver à saturation. En 2011, la création d’auto-entreprises a en effet chuté de 18,9%. Le statut des AE pourrait en partie expliquer cet essoufflement. Près de 50% des AE se plaignent en effet de ne pas pouvoir déduire de leur chiffre d’affaires les investissements, la TVA ou les charges. Ils sont également 30% à déplorer un manque d’information sur leur statut. Ces freins expliqueraient que 40% des créateurs abandonnent leur activité. Parmi ces derniers, plus d’un quart recherchent un emploi, 19 % adoptent un autre statut et 7 % reprennent des études.

Lire l’étude complète de l’Insee.

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Commentaires

  1. JN Chaintreuil
    2 février 2012 - 16h47

    « Près de 50% des AE se plaignent en effet de ne pas pouvoir déduire de leur chiffre d’affaires les investissements, la TVA ou les charges » > pour moi, c’est le principal écueil ainsi que la création du statut fort simple EIRL (entreprise indépendante à responsabilité limitée), qui vient clairement chasser sur les terres du statut AE.

  2. GillesPayet
    3 février 2012 - 14h19

    Bonjour Guirec, bonjour à tou(te)s,

    Une précision sur les plafonds de chiffre d’affaires. Ceux-ci (inchangés en 2012) sont de :

    – 81 500€ pour une activité de vente de marchandises, d’objets,
    de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou pour des prestations d’hébergement ;

    – 32 600 € pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC).

    Compte tenu du faible CA déclaré par la plupart des AE cela concerne peu de monde :0) mais, bon la précision en matière de chiffres est tjrs utile !

    Gilles Payet

  3. Guirec
    3 février 2012 - 14h24

    @Gilles Payet
    Bonjour et merci pour vos précisions, je modifie les chiffres.

  4. olivier
    8 février 2012 - 16h25

    Une explication serait peut-être le fait que, lorsque l’on s’inscrit au Pôle Emploi, on peut percevoir la moitié de ses droits en créant une entreprise (ARCE) puis bénéficier du solde de ses droits en fermant cette entreprise. Or ensuite, le piège : il est difficile de reconstituer ses droits.

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