77% des Français aiment leur job mais 51% jugent leur charge de travail excessive

Le 20 septembre 2016, la CFDT lançait sa grande enquête interactive « Parlons Travail ». A travers 170 questions et 25 thèmes, le syndicat souhaitait redonner la parole aux Français et faire la lumière sur leurs vraies préoccupations. Résultats : sur près de 200 000 salariés, fonctionnaires, travailleurs indépendants, demandeurs d’emploi ayant répondu à l’enquête, 77 % déclarent aimer leur travail et 76 % avoir des relations cordiales avec leurs collègues mais 51 % jugent leur charge de travail excessive. Et 73 % aimeraient participer davantage aux décisions importantes de l’entreprise.

Début décembre 2016, le succès de l’enquête « Parlons Travail » était tel que déjà 170 000 personnes avaient répondu sur de nombreux sujets tels que le burnout, la carrière, les collègues, le salaire, la hiérarchie, ou encore leur métier… Après avoir totalement finalisé sa grande enquête, la CFDT en a tiré une série de grands enseignements.

Heureux comme les Français au travail

La bonne nouvelle, c’est que 77% des Français interrogés aiment leur travail.
– 70% à déclarer « rigoler » au travail, souvent ou tout le temps.
– 59 % disent prendre souvent du plaisir au travail.
– 57 % se disent globalement fiers de ce qu’ils font.

Ainsi, même si 84% des répondants travaillent avant tout pour subvenir à leurs besoins, « l’engagement au travail dépasse la contrepartie financière » juge la CFDT.

– 39 % des répondants continueraient de travailler s’ils gagnaient au Loto.
– 38 % pensent qu’ils ne pourraient pas être heureux sans travail.
– 54 % ne travaillent pas avant tout pour gagner le plus d’argent possible.

Bien avec leurs collègues

L’enquête révèle que les relations humaines comptent beaucoup pour les travailleurs.

– 76 % des répondants ont des relations cordiales voire formidables avec leurs collègues
– 67 % des répondants affirment s’entraider entre collègues
– 71 % ont des amis parmi leurs collègues ou d’anciens collègues de travail

Pour la majorité des Français, le « collègue » peut à la fois rendre le travail plus agréable ou invivable.

Le travail peut nuire gravement à la santé

Un quart seulement (28 %) des répondants pensent que son travail est favorable à sa santé. C’est peu. Ils sont même 35 % à considérer que leur travail nuit à leur santé, voire même les délabre. Les ouvriers ou employés, ou les personnes gagnant moins de 1 500 euros, sont environ 40 % à l’affirmer. Problèmes de sommeil, douleurs physiques, prise de médicaments, burnout… Les conséquences du travail sur la santé du travail ne sont pas négligeables.

– 39 % des répondants déclarent que leur travail est physiquement exigeant.
– 44 % disent ressentir souvent des douleurs physiques à cause de leur travail.
– 36 % déclarent avoir fait un burnout.
– 34 % des travailleurs dorment mal à cause de leur travail.
– 31 % ont déjà été en arrêt de travail plus de 8 jours à cause de leur emploi.
– 25 % disent aller souvent au travail avec une boule au ventre.
– 25 % ont déjà été blessés au travail
– 8 % affirment qu’ils ne pourraient pas tenir au travail sans médicaments.

Le temps de travail, un faux problème

La liste des pathologies possibles est longue, pour autant, les Français sont 42% à affirmer que la durée légale du temps de travail n’est pas le problème.

– 27 % souhaitent qu’on n’y touche pas,
– 17 % veulent la voir diminuer
– 13 % la voir augmenter

Jusqu’à 39 heures par semaine, les répondants sont plus de 65 % à estimer que leurs horaires s’accordent bien avec leur vie personnelle, entre 40 et 47 heures ils ne sont plus que 50 %, et moins de 30 % au-delà de 48 heures hebdomadaires.

Pas tous égaux devant la conciliation vie pro/vie perso

Deux tiers des répondants s’accordent sur le fait que leur travail s’accorde bien voire très bien avec leur vie de famille ou leur vie sociale. Il convient toutefois de nuancer ces résultats : au-delà de 39 heures de travail par semaine, la courbe de satisfaction chute et concilier les deux devient nettement plus difficile. Concilier travail et vie personnelle est plus difficile dans le privé que dans le public, pour les travailleurs de nuit, pour les personnes peu qualifiées comme les ouvriers et pour les petits salaires.

Une charge « excessive » pour la moitié des Français ?

51 % des personnes interrogées affirment que leur charge de travail est excessive, mais surtout, plus de la moitié (58 %) affirment ne pas avoir le temps de faire leur travail correctement. 32 % déclarent même souvent travailler en dehors des horaires de travail ou pendant les jours de repos.

Les chercheurs ont évalué la « charge de travail » des répondants selon quatre critères :
– pouvoir prendre tous ses congés et RTT (71 %),
– avoir une quantité de travail modérée (47 %),
– ne pas se voir fixer des objectifs intenables, ou rarement (78 %),
– avoir le temps de faire correctement son travail (42 %).

Les répondants ne sont finalement que 29 % à remplir ces 4 conditions d’une situation qui devrait pourtant être la norme. Cette surcharge de travail a un effet néfaste sur la santé des Français : un mauvais sommeil (64%), des douleurs physiques (60%) ou un recours aux médicaments supérieurs à ceux dont la charge de travail est normale (14% vs 3%).

Le manque d’autonomie : 2e source de mal-être au travail

74 % des répondants préféreraient plus d’autonomie à plus d’encadrement. Pour évaluer le degré d’autonomie des travailleurs, trois critères ont été pris en compte :

– L’organisation du planning de travail assez en amont pour pouvoir s’organiser (55 %),
– L’impression de ne pas être une machine (65 %),
– La possibilité de mettre ses propres idées en pratique (54 %).

Seuls 27 % des répondants remplissent ces trois critères d’un niveau d’autonomie normal. Un autre chiffre se montre fort intéressant, notamment pour les employeurs : 40 % ont l’impression de passer plus de temps à rendre des comptes qu’à travailler. Ainsi, pour la CFDT, il n’y a pas de bonne qualité de vie au travail sans marge de manœuvre pour bien faire son travail.

Le mode de management décrié

51 % des répondants disent ne pas pouvoir compter sur l’aide de leur supérieur. Une grande majorité estime d’ailleurs que ne pas avoir de manager ne changerait rien à leur travail (62 %), voire qu’ils travailleraient mieux sans (25 %). 28 % des répondants qualifient leur responsable de « médiocre » ou de « zéro ». 32 % reconnaissent avoir déjà eu envie d’être physiquement violent envers leur supérieur

Les Français veulent être partie prenante des décisions 

La parole n’est pas si libre au sein de l’entreprise, malgré tous les efforts de communication interne que peut faire celle-ci. Les salariés veulent que leur avis compte. Ainsi, 73 % des répondants veulent participer davantage aux décisions importantes qui affectent leur entreprise ou administration et pensent être plus lucides sur la réalité de l’entreprise que la plupart de ses dirigeants. Parallèlement, 79 % aimeraient que leur entreprise ou administration ait un fonctionnement plus démocratique et 31 % affirment ne pas pouvoir s’exprimer librement sur leur lieu de travail.

La carrière idéale ? Une carrière sans chômage

Changer de métier durant la carrière est synonyme de carrière idéale pour la moitié des répondants. Mais 47 % voient avant tout dans la carrière idéale une carrière sans période d’inactivité subie.

– 36 % aimeraient créer leur entreprise
– 30 % estiment mieux s’en sortir professionnellement que leurs parents
– 29 % affirment le contraire
– 25 % exercent aujourd’hui le métier dont ils rêvaient avant de commencer à travailler
– 25 % des répondants ne sont pas satisfaits de leur parcours professionnel

La question du salaire fait débat

Le salaire est donc un élément important mais pas central, et l’argent ne fait pas tout.

– 2/3 des salariés trouvent leur rémunération insuffisante compte tenu de leurs efforts
– 65% estiment que les écarts entre hauts salaires et bas salaires dans l’entreprise sont trop élevés
– 60% ne travaillent pas pour gagner plus d’argent avant tout.

Retrouvez l’enquête de la CFDT sur le site analyse.parlonstravail.fr

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