Tous les meilleurs jobs du monde…

Jobs de rêvePlus qu’un phénomène, c’est une épidémie. Depuis le lancement du premier meilleur job du monde en janvier 2009, les opérations du même genre se multiplient jusqu’à friser l’overdose. Pourquoi une telle mode ? Retour sur une tendance qui en dit long sur nos sociétés et leur rapport à l’emploi.

Déjà une vingtaine de meilleurs jobs du monde

Janvier 2009, l’office du tourisme de l’Etat australien du Queensland réussit un énorme coup médiatique : faire parler de cette région grâce à l’opération de recrutement Best job in the world. Un boulot de gardien d’île paradisiaque payé royalement… Des dizaines de milliers de candidatures, d’articles de presse et de reportages plus tard, ce coup de pub phénoménal n’en finit pas d’inspirer d’autres publicitaires visiblement en panne d’imagination. Au total, nous en sommes à 28 opérations du même genre, plus ou moins réussies. L’occasion de faire un récapitulatif chronologique et de se poser quelques questions.

  • IslandreefJob (janvier 2009) : 10.000 euros par mois pendant 3 mois pour garder une île paradisiaque. C’est The best job in the world, premier du genre, remporté par Ben Southall. Un citoyen britannique qui a failli y laisser sa vie suite à une piqûre de méduse.

 

  • A really goode job (mai 2009) : épisode 2 lancé quasiment dans la foulée, un job de rêve (payé 10.000 dollars par mois) qui consistait à déguster du vin et bloguer pour le compte d’une société viticole californienne.

 

  • Job2star (septembre 2009) : 100.000 euros de salaire pour jouer au poker et faire partie de la team pro d’un site de jeu en ligne. 200.000 euros en plus pour les frais d’inscriptions aux tournois, c’est la surenchère bling-bling qui commence.

 

  • The (second) best job in the world (novembre 2009) : le 4ème en fait, 10.000 euros pour faire du shopping dans sept capitales de la mode et bloguer pour un comparateur d’achat (let’s buy it).

 

  • Le stage le mieux payé de France (novembre 2009) : 10.000 euros par mois pendant 3 mois pour faire rêver les internautes. Une opération lancée par rêve privé qui n’a semble-t-il pas rencontré le succès escompté. Il faut dire qu’il fallait payer pour s’inscrire, la ficelle était un peu grosse !

 

  • Le job de vos rêves (Janvier 2010) : un boulot de touriste professionnel dont la mission sera de « sillonner le monde pendant un an, tous frais payés ». Un salaire « selon l’expérience » mais avec des stocks-options… Avec derrière un site de comparateur de voyages (Mon nuage) et Doyoubuzz.

 

  • Creamers, le job de l’été (avril 2010) : 5000 euros pour tartiner les vacanciers des Sables d’Olonne de crème solaire pendant six semaines. Un coup de pub de l’office du tourisme et d’un groupe cosmétique. La sélection se termine le 26 mai.

 

  • La meilleure job d’été au monde (avril 2010) : reporter blogueur encore mais cette fois pour faire connaître la région de Sorel-Tracy au Québec. 40.000 dollars canadiens (l’équivalent de 29.000 euros) pour réaliser des reportages cet été. Réservé aux Québécois.

 

  • Golden Mission (mai 2010). Une mission de six mois pour les étudiants en dernière année avec comme objectif de découvrir les métiers de GDF-Suez dans différents sites du monde entier. Sans doute l’épisode le plus sérieux et crédible en termes de boulot.

 

  • Reportour (mai 2010). Un CDD de 80 jours en tant qu’envoyé spécial pour France Soir. La mission ? Parcourir le monde en 1ère classe pour des escales chics et chocs (et accessoirement faire des reportages). Un boulot de Jules Verne VIP.

 

  • Le job le plus cool de l’été (mai 2010). Reporter pendant un mois pour couvrir les grands festivals musicaux de l’été, avec un salaire plutôt raisonnable pour une fois (1500 euros nets plus les frais). Est-ce que les organisateurs (Universal et Société Générale) sont devenus radins ? Ou alors c’est l’effet crise…

 

  • Le meilleur job de l’année (juin 2010). 1 an de voyage et de loisirs, un job de testeur officiel pour lastminute.com. Très sympa sur le papier sauf que quand on regarde les lignes écrites en tout petit c’est souvent transport non inclus !

 

  • Gardien de pandas dans un zoo chinois. (juillet 2010). Comme le disait le titre de notre billet, « un job au poil » !

 

  • Un ano sabatico. (Juillet 2010) Un boulot de touriste en Espagne payé 2000 euros par mois. Une année sympathique plus que sabbatique puisqu’il faudra quand même bloguer et boire du vin dans une belle région.

 

  • Rethink quality Finnair. (Septembre 2010). La compagnie aérienne Finnair cherche des « quality hunter » pour améliorer ses services. Les quatre blogueurs sélectionnés ont commencé leur travail en plein vol.
  • Vacancier pour 40.000 dollars par an (octobre 2010). Un boulot proposé par Vacancestransat un site canadien.
  • Pizzaiolo pour 22.000 euros de l’heure. (Novembre 2010). C’était chez Domino’s Pizza au Japon pour fêter le 25ème anniversaire de leur implantation dans l’archipel.
  • Dreamjob (juillet 2011). Un tour d’Europe dans huit pays avec 10.000 euros d’argent de poche lancé par Wimdu un site spécialisé dans les locations de vacances de courte durée.
  • The coolest job (septembre 2011), 1500 euros par mois pour faire la fête en Inde à l’occasion du lancement d’une nouvelle marque de bière Miller High Life.
  • Un job d’esquimau dans une station de ski suisse (décembre 2011) pour faire découvrir un nouveau snowpark. Une initiative du site jobup.
  • Le job le plus savoureux de l’année (mars 2012) invitait les candidats à arpenter les routes de Franche-Comté pour déguster du fromage. Un CDD estival payé 5000 euros pour 3 mois.
  • Cartographe d’îles paradisiaques (juin 2012), un job proposé par la marque de GPS Tom-tom.
  • Le job de l’été le plus cool (juin 2012) qui n’était autre que la 3ème édition du concours Job So Music proposé par Universal et la Société Générale. L’édition 2012 proposait de devenir manager d’un groupe de rock pendant les festivals musicaux de l’été.
  • « Biggest, Baddest, Bucket List » (février 2013), un tour du monde et 37.000 euros de prix, toujours sur le modèle du 1er job de rêve australien.

Coups de pubs

Onze jobs ou stages de rêve qui ont des points communs : des salaires exorbitants, des contrats précaires et un mode de sélection qui relève plus du casting que du processus d’embauche classique. Des opérations qui sont aussi et avant tout des coups de pubs destinés à faire connaître une région, un site internet ou des produits. Avec un ressort de viralité qui permet aux organisateurs de prendre très peu de risques en s’appuyant sur une campagne de promotion diffusée par les candidats eux-mêmes. Viralité, propagation, encore une fois, on peut parler d’épidémie. Au risque de lasser, comme pour la grippe A.

Nouvelles compétences

Autre point commun, le job de rêve à la mode apparemment c’est reporter (attention on ne parle pas de journalisme) avec un volet blogueur très prononcé. C’est peut-être le côté positif de ce genre d’opérations : pour avoir un job de rêve il faut faire preuve de compétences d’un nouveau genre. Savoir bloguer, faire de la vidéo, de la photo et pouvoir mobiliser un réseau autour de son projet… Tout ce qui ne s’apprend pas à l’école.
Dernier point commun : pour un job de rêve il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Un peu comme dans la télé-réalité, on élimine progressivement tous les candidats pour qu’il n’en reste qu’un ou une. Et malheur aux vaincus qui retombent, à quelques exceptions près, dans l’anonymat après leur 1/4 d’heure de célébrité. Et après ? Après rien. On parle beaucoup de ces opérations pendant le « processus » de recrutement, mais une fois que la personne est en poste, tout le monde s’en fout. On veut du rêve, que du rêve pour nous et pas pour les autres.

Worst job in the World

Reste des questions en suspend : Un emploi précaire, est-ce vraiment un job de rêve ? Gagner plein d’argent, voyager à l’oeil en VIP, prendre des photos, des vidéos pour montrer au monde entier comment on s’éclate, c’est pas un peu superficiel comme job ?
Finalement, après cette débauche de meilleurs jobs du monde, la meilleure idée pour en sortir et clore l’aventure c’est celle de l’agence suisse numéro 10 qui a lancé The Worst job in the world (le pire job du monde vu chez le Publigeekaire). Un contrepied parfait qui a le mérite de rappeler qu’il n’y pas que des jobs de rêve dans la vie.

Ces articles devraient vous intéresser

Commentaires

  1. Franck61
    20 mai 2010 - 21h19

    Merci pour cet excellent billet récapitulatif et avec une critique positive. Par contre, sauf erreur de ma part, il est où le 12° meilleur job ?
    Au fait j’en profite pour signaler que je reparticipe au cours de l’été 2010.
    Excellente cette vidéo !
    Bonne fin de semaine et bon weekend !

  2. FmR
    21 mai 2010 - 9h16

    Effectivement Franck tu as l’oeil, j’ai rectifié, merci à toi ! En fait, j’avais prévu d’inclure celui-ci http://www.tf6.fr/mon-stage-de-reve… mais finalement non.
    @+

  3. Franck61
    21 mai 2010 - 11h41

    Merci pour le lien, mais je n’ai pas vu le stage de rêve :-( Pour accéder à mon billet pour le concours de l’été 2010, voici le lien raccourci: http://minu.me/2enb
    @+

  4. FmR
    21 mai 2010 - 11h46

    Merci d’avoir relayé le concours Franck et bonne chance à toi !

  5. Franck61
    21 mai 2010 - 11h52

    Normal pour un un chargé de promotion ;-) !
    Merci à RegionsJob d’ accentuer notre visibilité et merci pour les encouragements, cela fait toujours plaisir :-D !
    @+

1 commentaire supplémentaire

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.