Le RSA, complément pour les travailleurs pauvres

RsaMesure phare du gouvernement en matière d’insertion professionnelle, le Revenu de Solidarité Active est entré en vigueur ce lundi 1er juin. Remplaçant du Revenu Minimum de Solidarité (RMI), il a pour objectif final de réduire la pauvreté en France. Après vers 20 ans de bons et loyaux services le RMI est donc rangé au placard. Pas de petite larme mais une question : que change concrètement le RSA ?

Pour qui, pourquoi ?

Destiné comme son prédécesseur aux plus de 25 ans, le RSA remplace également l’Allocation de Parent Isolé (API). « Bouclier pour les pauvres et les modestes » selon le Haut Commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch, sur le fond, le nouveau dispositif ne changera rien pour les chômeurs, qui ont basculé automatiquement sur le régime du RSA le 1er juin dernier. Ils continueront de toucher un revenu minimum garanti égal au RMI actuel. Les travailleurs précaires doivent, eux, entamer des démarches auprès de leur Caisse d’Allocations Familiales (CAF) pour bénéficier d’un premier versement dès le 6 juillet 2009.

Inciter à retravailler

La prestation a un double objectif : inciter les allocataires de minima sociaux à reprendre un emploi et améliorer le pouvoir d’achat de ces « travailleurs pauvres ». Pour les demandeurs d’emploi retrouvant un emploi à temps partiel, le RSA prévoit un complément de revenus plus intéressant et sur une durée plus longue qu’avant.

Les premiers bénéficiaires semblent tirer un bilan positif de leurs expériences. L’exemple dans le Morbihan (voir vidéo ci-dessous, vue sur femmes-emploi.fr) : Odile fait des ménages et gagne 750 euros par mois, qui sont complétés par 300 Euros de RSA, ce qui lui permet de gagner à peu près l’équivalent du Smic. A Isabelle, fraichement embauchée en CDI à temps plein, le RSA a donné une motivation supplémentaire de se remettre au travail. Déjà testé dans plusieurs régions, le bilan du Revenu de Solidarité Active reste pourtant mitigé, la faute à la crise économique.

« Des risques de dérives »

Si l’objectif du gouvernement est clairement de réduire la pauvreté en France d’un tiers en France en cinq ans, le RSA comporte le risque de multiplier les embauches à temps partiel et de ce fait, de développer l’emploi précaire.

Selon Rémi Pauvros, délégué à l’insertion et à la solidarité et Maire de Maubeuge, l’une des zones tests du RSA, (interviewé sur LibéLille) : « Ce n’est pas le RSA qui va créer de l’emploi, mais l’activité économique. Au meilleur de l’expérimentation en juillet 2008, nous avions 600 contrats RSA en cours. En décembre 2008, nous étions descendus à 170 contrats. » Pour lui, il existe également des « risques de dérives » : non seulement les entreprises pourraient préférer les embauches à temps partiel aux CDD et aux emplois en intérim, mais on pourrait assister à « une sorte de discrimination en faveur des mieux employables ».

Les jeunes de moins de 25 ans demeurent les grands exclus du dispositif. Ils comptent pourtant parmi les plus durement frappés par la crise.

Les pronostics du RSA sont optimistes : permettre à 700.000 personnes en France de dépasser le seuil de pauvreté fixé à 800 Euros mensuel par personne. Sept millions vivent avec moins de cette somme aujourd’hui en France. Même s’il est encore trop tôt pour se prononcer, cet objectif « d’avant crise » devra sans doute être revu à la baisse si le contexte économique ne s’améliore pas.

Pour en savoir plus sur le RSA : www.rsa.gouv.fr, poser vos questions sur la FAQ ou contacter les services du RSA sur le site ou par téléphone au 3939 (0,12 centimes/minute).

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Commentaires

  1. carole
    9 juin 2009 - 16h06

    mon fils de 25 ans et étudiant est en stage pour valider son master,
    a t’il droit au RSA.
    il est rémunéré 389 euro.
    Merci.

  2. Priscilla
    9 juin 2009 - 16h24

    Chère Carole,
    pour répondre à votre question, le RSA ne concerne pas les personnes ayant le statut d’élève, d’étudiant ou de stagiaire. Toutefois, si votre fils ne trouve pas d’emploi une fois son master terminé, il peut en attendant percevoir un « revenu minimum garanti » soit environ 440 euros pour une personne seule.

    Cordialement.

  3. BASMA
    9 juin 2009 - 16h40

    bonjour,

    Est ce qu’une personne de plus de 25 ans en détention peut pretendre au RSA ?
    Merci d’avance,

    Cordialement.

    Basma.

  4. Priscilla
    9 juin 2009 - 17h37

    Cher Basma,
    l’incarcération entraîne la suppression de la plupart des prestations sociales dont le RSA. Si une personne perçoit les Assedic avant sa mise en détention, les versements peuvent reprendre dès sa sortie. Par ailleurs, il est possible de faire une demande pour percevoir le Revenu Minimum Garanti (remplaçant du RMI pour les personnes sans emploi) plusieurs mois avant la sortie de détention. Toutefois, celle-ci ne prendra effet qu’après la fin de l’incarcération.

    Pour toute autre question, vous pouvez consulter le site officiel du RSA, dont vous trouverez le lien à la fin du billet ci-dessus.

  5. KITTY
    9 juin 2009 - 20h14

    Bonjour,

    Je percoit les assedic a laquelle sont retenu une pension alimentaire, je
    recoit moins de 700 euros par mois. Puis-je pretendre au RSA ?
    et si oui dois-je faire des démarches ? ou ce RSA s’applique automatiquement ?
    Merci de votre réponse

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