La journée de travail des générations Y et Z va vous étonner

On a beaucoup parlé du nouveau rapport des jeunes au travail, des exigences des générations Y et Z au niveau du management, de leur défiance vis-à-vis du monde de l’entreprise… Mais tout cela n’est rien en comparaison de leurs manières de travailler, radicalement différentes de celle de leurs aînés, les baby-boomers et la génération X.

Les horaires, c’est l’horreur

Horaires

Pour les digital natives qui sont nés avec les nouvelles technologies, le temps ne s’écoule pas de la même manière. L’espace aussi est replié et raccourci de même que l’accès à l’information, comme l’a décrit Michel Serres dans son livre Petite poucette.

Multitasking, blurring, bleisure et micro-leisure…

Les conséquences sur le déroulement d’une journée de travail sont nombreuses : on parle de multitasking, le travail multi-tâches qui nous fait zapper d’un dossier à l’autre et perdre en efficacité, mais aussi de « blurring » pour désigner l’effacement de la frontière entre la vie professionnelle et personnelle. Tout se mélange allègrement au travail comme à la maison et même pendant les déplacements professionnels avec une tendance au « bleisure » qui incite à concilier travail et loisir pendant les voyages d’affaires.

Bienvenue dans l’ère de la micro-pause

Un nouveau terme anglo-saxon (micro-leisure), permet de mieux comprendre comment les technologies impactent le monde de l’entreprise et modifient notre rapport au temps de travail. Pas uniquement celui des jeunes générations d’ailleurs qui y sont les plus sensibles mais tous les actifs connectés qui changent leurs méthodes de travail. Ce terme de micro-leisure (qu’on pourrait traduire par micro-loisir ou micro-pause). C’est l’agence MRY dans son étude « The New Micro leisure » qui l’explique. Le concept s’adresse plus aux professionnels du marketing et de la publicité, mais les managers devraient aussi y jeter un coup d’œil pour saisir la révolution en marche dans le monde de l’entreprise.

Ce que ce concept traduit c’est la fin de l’a journée de travail « à la papa ». Ou plutôt des horaires classiques 9h-18h. (Dans les pays anglo-saxons on parle de 9h-17h mais leur pause du midi est en général nettement plus courte que la nôtre, question de culture !). Pour illustrer son propos l’agence MRY a réalisé des schémas très parlants :

La journée de travail des Baby-boomers et de la génération X

Journee-travail-generationX

La journée de travail nouvelle génération (Y et Z)

Journee-travail-GenerationY-Z

La journée n’est plus rythmée de la même manière avec le départ collectif quand la cloche sonne la Golden hour, l’heure de quitter le bureau pour aller au pub. Tout au long de la journée de boulot, les jeunes passent du travail au loisir, échangent avec leurs amis, répondent à leurs mails perso, font des achats en ligne ou réservent leurs prochaines vacances. Les activités et notamment les loisirs sont plus morcelés, l’attention également même si elle se déploie au delà des horaires normaux : travail le soir, la nuit, les jeunes sont capables de bosser de n’importe où et n’importe quand. Il reste un ressort commun pour l’engagement des employés : la promesse de bien-être et de plaisir (voir aussi l’importance de l’émotion sur cette dimension de la qualité de vie au travail). Car les jeunes entretiennent un rapport très ambivalent avec l’hyperconnexion : ils se sentent coupables de passer trop de temps sur les réseaux sociaux, tout en reconnaissant que leur smartphone est le meilleur allié pour améliorer leur vie personnelle et les loisirs qui vont avec.

Que doivent faire les entreprises ?

Comment les entreprises peuvent-elles composer avec un changement aussi radical ? Il n’y a pas de solution miracle mais les pistes à explorer tournent autour de la déculpabilisation et du plaisir à venir travailler. Dans ce contexte, bloquer l’accès aux réseaux sociaux pour les salariés apparaît évidemment complètement ubuesque. Au contraire, les entreprises auront tout intérêt à développer des réseaux sociaux internes qui fonctionnent sur le même registre de partage de l’information et de travail collaboratif. Mais elles peuvent aller beaucoup plus loin qu’un simple RSE, par exemple en lâchant du lest :

  • Arrêter avec les horaires fixes
  • Fournir des outils de communication adaptés à ces nouveaux usages et choisis par les collaborateurs. Pour les appareils on parle de BYOD (Bring your own device), mais également de plus en plus du CYOD (choose your own device).
  • Décloisonner l’entreprise en offrant des plages pour travailler sur des projets personnels, encourager l’intrapreneuriat
  • Faciliter l’accès des salariés à des services extra-professionnels (conciergerie, crèche d’entreprises, salle de sport..)

Ces pistes ne sont pas les seules. Elles sont déjà expérimentées dans beaucoup d’entreprises pour faciliter l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle. Une aspiration partagée par toutes les générations, pas seulement les Y et les Z.

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Commentaires

  1. Graphiste
    4 septembre 2015 - 0h13

    Analyse intéressante, effectivement depuis l’arrivée des réseaux sociaux les micro-pauses doivent être légion en entreprise. Aïe il est minuit, il faut que j’arrête de bosser pour aller me coucher moi ^^

  2. christian jean
    4 septembre 2015 - 16h01

    Faux la génération Y n’existe pas !!!

  3. Laurent
    7 septembre 2015 - 10h12

    Difficile de croire en une génération y comme si le développement des nouvelles technologies ne touchaient qu’eux ! Toutes les générations font maintenant des micro coupures et de plus en plus tous jeunes ou vieux consultent leur smartphone, se détendent quelques instants et s’occupent de leur vie personnelle au travail. Des allers retours quasi permanent pour tous c’est la tendançe et quelque soit lheure.

  4. Thierry Ponce
    8 septembre 2015 - 12h12

    Arrêter les horaires fixe pour travailler encore plus. Super merci de nous enfoncer pour que l’on se tue à la tâche.

  5. FmR
    8 septembre 2015 - 12h21

    @Thierry Ponce : il s’agit plutôt de passer du management de contrôle à un management qui repose sur la confiance. Apporter de la flexibilité dans les horaires peut être un calcul gagnant pour tout le monde mais ce n’est pas forcément adapté à tous les métiers ou toutes les entreprises. Ce sont des pistes pour essayer de travailler autrement pas forcément un moyen sournois pour exploiter les salariés…

17 commentaires supplémentaires

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