facebookwatchu.jpg Incroyable mais vrai... Certains employés n'ont toujours pas compris que les réseaux sociaux, type Twitter ou Facebook, sont des espaces publics. Et donc qu'il est préférable d'y commenter les photos de ses amis en soirée plutôt que de dénigrer son entreprise. Cette fois, c'est l'animateur Julien Courbet qui en a fait les frais. Un brin rancunier, il s'est ouvertement moqué, viaTwitter, de France 2 qui a supprimé son émission Seriez-vous un bon expert ?, diffusée chaque après-midi à 17h15. Suite à ces critiques, la chaîne a décidé de le licencier. Philippe Vilamitjana, directeur de l'antenne et des programmes de France 2, a expliqué aux micros d'Europe 1 que "les jugements de Julien Courbet sur les choix et la grille des programmes sont inacceptables. Avec de tels propos, il s'est sabordé tout seul". Dans un premier temps, il avait en effet expliqué que "Julien Courbet (...) resterait un visage de l'antenne de France 2". Mais aujourd'hui, "ses propos sont inacceptables et rendent impossible toute collaboration".

Pour la chaîne, l'arrêt du jeu tenait à une faible audience (9,7%) et surtout à son peu de succès auprès de la ménagère de moins de 50 ans. Une explication qui a fait vivement réagir Julien Courbet sur son compte Twitter. Aujourd'hui, espérons que l'animateur star trouvera un avocat digne de ce nom pour faire valoir ses droits ! Régulièrement des employés se lâchent ainsi sur la Toile, moquant leur entreprise ou leur patron. Retour sur ces nombreuses affaires qui devraient finir par inciter les salariés à plus de prudence.

  • Avant lui, la dernière affaire du genre avait eu lieu en Angleterre. La directrice de l'information de la BBC avait demandé par mail à ses salariés de ne pas déballer "publiquement sur les réseaux sociaux et dans la presse" une quelconque allusion à l'affaire Saville, un animateur star, aujourd'hui décédé, coupable d'abus sexuels. Une consigne non-respectée par deux salariés qui ont été licenciés pour avoir tenus des propos sur Twitter et Facebook, rapporte le Telegraph.
  • Sous un faux profil Facebook, Tamertume critiquait ouvertement son ancien employeur et se disait "dénigré" par ce dernier. Il aurait fait parvenir des messages aux médias et aux concurrents de son ancienne société. Il les invitait même à rejoindre une page nommée "Contre la mise à mort d'un salarié". Déjà licencié un an plus tôt, les Prud'hommes lui demandent maintenant de payer 15 800 euros à son ancien patron pour manque de loyauté. Pour l'avocate de l'employeur, interrogée par Europe 1, "la Toile n'est pas un lieu de règlement de comptes. Ça peut retomber sur le nez de celui qui l'utilise à mauvais escient".
  • "Journée de merde, boulot de merde, boîte de merde, chefs de merde". Visiblement, Eric Blanchemain, salarié du centre d'appels de Webhelp à Caen, ne supportait plus son cadre de travail. Mais en publiant le 13 novembre 2010 de tels propos sur le profil Facebook du syndicat CGT-FAPT Webhelp, il n'a pas mesuré la conséquence de ses écrits. Le salarié poursuivi pour "injure" par son ancienne société l'est aussi par un des ses responsables hiérarchiques. Ce dernier n'aurait pas apprécié d'être assimilé à un de ces "chefaillons qui jouent aux grands". Ce mardi, le tribunal correctionnel de Paris a mis en délibéré la décision de justice.
  • Une affaire qui n'est pas sans rappeler celle d'un employé des Yvelines mis à pied un mois pour avoir critiqué sur Facebook le maire l'employant. Le 2 avril 2010, le maire lui envoyait un courrier précisant qu'il demandait sa révocation au Conseil de discipline des fonctionnaires territoriaux. Finalement, un an plus tard, il écope d'une simple sanction. "Cette décision repose notamment sur le fait que le constat d'huissier était vicié mais aussi sur la prise en compte de la bonne foi du fonctionnaire car il a reconnu avoir tenu des propos sur Facebook, il s'en est excusé et il ne savait pas que ce qui était écrit sur Facebook pouvait être accessible à des tiers", avait à l'époque, jugeait le Conseil de discipline.
  • Mais la justice n'est pas toujours aussi clémente. Dirk D, un manager belge originaire de Leefdaal, âgé de 50 ans, avait posté à plusieurs reprises des critiques sur son employeur et commentait notamment la chute des résultats trimestriels du groupe. Résultat : licencié. Pour le quinquagénaire les messages postés étaient de nature privée, il demandait en conséquence 60 000 euros de dommages et intérêts. En novembre 2011, le Tribunal a donné un avis contraire et l'oblige aujourd'hui à payer 16 000 euros à son ancien employeur. C'est rare que la Justice demande à des employés de dédommager leur employeur, en revanche, la défense des salariés derrière le droit à la liberté sur Internet n'est pas toujours retenu.
  • Déjà en 2010, le conseil des Prud'hommes avait considéré Internet comme un espace public. Les faits remontent à 2008, lorsque trois employées d'Alten se connectent un soir, depuis leur ordinateur personnel, sur Facebook. Elles publient sur leur mur des propos mettant en cause leur direction et le responsable des ressources humaines. Ces messages n'étaient accessibles qu'à leurs "amis". Un autre employé "ami" sur le réseau social voit cet échange, en fait une copie d'écran et l'envoie à sa direction. Deux ans plus tard, la justice donne raison à la société. "Cette décision entérine le fait qu’Internet est un espace public, expliquait à l'époque Diane Mullenex, avocate à la cour à O1.net. Chaque salarié a le droit à la liberté d’expression, mais tant qu’il s’en tient à ne pas franchir la limite de l’injurieux ou du diffamant.
  • Dernièrement, encore en France, trois anciennes salariées de SOS Femmes à Périgueux ont été licenciées pour "faute lourde". L’entreprise a jugé qu’elles avaient tenu des "propos injurieux, diffamatoires et menaçants". Âgées de 36 à 42 ans, ces trois mères célibataires estiment n’avoir dénoncé que des "déviances de la direction" lors d’une discussion à trois sur le réseau social. L'employeur a estimé qu’il y avait eu "menaces de mort et incitation à la haine". Si l’entreprise a été déboutée, les trois femmes espèrent toujours obtenir des réparations devant les tribunaux.
  • En 2009, une employée suisse a aussi abusé de Facebook. Elle s’était connectée sur son compte alors qu’en arrêt maladie, elle prétendait souffrir de migraine l’obligeant à rester dans le noir sans pouvoir travailler devant un écran. La supercherie démasquée, son patron l'a licenciée...
  • feefacebook.JPG Kevin Colvin est la première victime des réseaux sociaux. Ce jeune Américain avait inventé une excuse pour sécher le travail le lendemain de la fête d'Halloween. Quelques jours plus tard, ses responsables découvrent une photo de lui déguisé en fée sur sa page Facebook. Il a ainsi signé la fin de sa carrière.