Les femmes ingénieures voient l'avenir en rose
A l'occasion de la première Semaine de l'Industrie qui se tenait du 4 au 10 avril 2011, l'association Elles bougent a dévoilé les résultats de son enquête "Un regard féminin sur l'industrie". Ses résultats sont plutôt encourageants : les femmes ingénieures sont "heureuses dans leur travail, satisfaites de leurs parcours professionnel et ont confiance en l'avenir", même si la discrimination reste présente...
Les femmes représentent 15% des effectifs techniques des secteurs industriels. C'est peu, mais malgré leurs efforts, les industriels peinent à féminiser leurs équipes. Dans ce contexte, l'enquête de l'association pour la promotion des femmes ingénieures Elles bougent fait plaisir à lire. Il est bon de savoir que si peu de femmes travaillent dans le secteur, elles se portent bien et constituent un exemple pour les jeunes filles en pleine orientation.
Biens dans leurs postes
Réalisée auprès de 361 femmes ingénieures membres de l'association, "Un regard féminin sur l'industrie" relève trois points principaux : les femmes ingénieures sont heureuses dans leur travail, aiment le contexte international de leur métier et ont confiance en l'avenir. Ainsi, 95% des femmes sont satisfaites de leur parcours. On les trouve principalement dans la R&D (28%), le management de projet (23%) et l'ingénierie conseil (13%), et 93% d'entre elles sont cadres (parmi elles : 56% de cadres sans équipe, 30% de cadres avec équipe, 7% à un poste de direction). Par ailleurs, 33% d'entre elles ont de 24 à 30 ans, 34% sont âgées de 31 à 40 ans, 22% de 41 à 50 ans...
Les clichés mis à mal
Au-delà de dresser un portrait des ingénieures, l'enquête brise au passage quelques clichés liés à la profession, bien souvent responsables du désamour des jeunes filles pour la profession. Ainsi, on apprend que 55% des ingénieures sont mères de famille et que seulement 14% d'entre elles sont à temps partiel. "Les femmes démontrent ainsi que, pour elles, conjuguer vie professionnelle et vie familiale n'est pas un problème, et qu'elles sont championnes en terme d'organisation" explique Marie-Sophie Pawlak, Présidente de Elles bougent. Et l'industrie leur offre les mêmes possibilités qu'aux hommes en termes de perspectives d'évolution, de carrière à l'international et de hauts salaires.
Côté avenir, si les femmes de l'automobile ont quelques doutes sur l'avenir de leur filière, la plupart des répondantes misent sur le secteur des énergies renouvelables, "le plus prometteur pour la prochaine génération".
Une forte appétence pour l'international, une confiance dans leur évolution... Les femmes ingénieures voient la vie en rose. Seul bémol dans l'enquête : 62% d'entre elles âgées de 31 à 65 ans disent avoir été au moins une fois discriminées en tant que femme au cours de leur carrière. A ce niveau-là, il reste encore beaucoup de travail et pas seulement dans la profession d'ingénieur...
Consulter l'enquête sur le site Elles bougent
© Andrei Merkulov - Fotolia.com
Publié le mardi 12 avril 2011 · 10:22 · Par Priscilla
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"55% des ingénieures sont mères de famille et que seulement 14% d'entre elles sont à temps partiel"
Une étude et ses chiffres ne sont valables que si l'on considère une population de référence. Ou sont les chiffres de la population de référence? Quelle serait la population de référence? Des individus de sexe féminin pris dans tous corps de métiers? Des individus des deux sexes ingénieurs? Des individus des deux sexes pris dans tous corps de métiers?
Quelle est la proportion des hommes ingénieurs pères de famille? Quelle est cette proportion d'homme ingénieur sacrifiant du temps pour élever leurs enfants, et ayant donc un emploi à temps partiel?
Ce sont aussi sur ces chiffres que nous devons nous pencher, si nous voulons être crédibles et non propager des clichés ridicules, comme, par exemple, le titre de votre article.
Bonjour Aratta,
pas la peine de s'énerver, restons courtoises ! Pour une fois qu'une information positive circule sur les femmes ingénieures, j'ai souhaité m'en réjouir. Et pourquoi vous arrêter au titre et ne pas lire l'étude dans son intégralité ? D'ailleurs l'expression "voir la vie en rose" (l'avenir ici) s'applique autant aux femmes qu'aux hommes, ne prenons pas la mouche. Pour moi, ce sont les femmes qui voient tout de matière négative qui sont justement dans les clichés.
Pour répondre à vos questions, la "population de référence" de l'étude est représentée par les femmes ingénieures membres du réseau Elles bougent comme précisé dans l'article (1er paragraphe), échantillon varié de femmes travaillant dans les secteurs suivants : aéronautique, automobile, énergie, ferroviaire, maritime, spatial.
Enfin, l'étude ne parlent pas des hommes, mais des femmes. Mais si vous avez des infos sur les hommes ingénieurs qui plus est pères de famille, pas de problème pour en faire un article, bien au contraire...
Au plaisir de débattre.
Certes, le métier d'ingénieur est gratifiant, et porteur de nombreuses opportunités pour les femmes (comme pour les hommes d'ailleurs).
Je suis membre de l'association "Femmes Ingenieurs", et je dois dire que je suis très surprise par votre conclusion. Je trouve que traiter la question des discriminations d'un désinvolte "Mais on ne peut pas tout avoir..." ce n'est pas "voir la vie en rose" mais "se voiler la face".
J'ai l'impression d'entendre "Vous n'allez pas vous plaindre!".
Mais 61%, c'est une proportion énorme.
@Priscilla: je suis courtoise, mais je m'indigne. Le rose est trop souvent associé aux femmes, pour que votre titre soit anodin. Auriez vous écrit le même titre si vous parliez d'un homme? D'hommes ingénieurs? J'en doute - un homme ingénieur est associé à des rouages, à du technique, dans l'inconscient collectif :)
Par population de référence, je n'entends pas la population de l'étude, mais une population type (servant en quelque sorte de Zéro afin d'adapter les chiffres).
Je suis allée lire l'étude dans son intégralité, et je déplore déjà le fait qu'elle soit biaisée par la non équitabilité de la répartition des femmes par secteur d'activité.
L'étude parle des femmes, oui. A première vue. Mais c'est leur rapport au monde masculin qui les entoure qui est étudié ici.
@Delphine: je trouve que les résultats de l'enquête sont très biaisés. Par exemple, si on prend la peine de regarder le PDF de l'enquête, on trouve au début un diagramme avec en conclusion ""Une égale répartition entre l’Ile-de-France et la Province" or il montre plutôt une énorme centralisation des profils de femme ingénieur en Ile-de-France face à la pauvreté de ces profils dans les autres départements.
De plus, il aurait été intéressant d'ajouter un diagramme représentant le % de travail à temps-partiel suivant les régions.
@Aratta : justement, sur le blog, nous aimons jouer avec les clichés, et mettre en parallèle "ingénieures" et "rose" en fait partie selon moi. Je suis contente que vous réagissiez au titre d'ailleurs car c'est son but.
Ne nous voilons pas la face malgré tout. Il n'y a, de fait, une répartition égale de femmes ingénieures par secteur d'activité, et c'est justement là tout le problème. Il y a toujours une meilleure façon, plus exhaustive au moins, de mettre en parallèle les chiffres. Mais celle-ci nous donne un aperçu pour le moins intéressant. Merci de votre réponse en tous cas !
@Delphine : La conclusion est ironique, évidemment :-) Je suis d'accord avec vous, 61% c'est beaucoup trop...
@Priscilla: vous aimez jouer avec les clichés? Une question: comment voulez vous faire avancer les choses si vous continuez à les perpétuer? Une femme ingénieure n'a pas à être associé au rose, elle est bien plus que ça et se bat suffisamment au quotidien pour éviter cette catégorisation. Elle n'a pas à la retrouver dans un article qui est sensé la défendre...
En effet il n'y a pas de répartition égale des femmes par secteur d'activité, mais en général lorsqu'on fait une étude, pour que des mesures quantitatives fiables soient faites, la population doit être aussi homogène que possible.
Mon esprit de scientifique et d'ingénieur(e) s'exprime ici.
Apparemment les femmes n'ont plus le droit d'aimer le rose, c'est juste une expression. Faut pas forcément l'interpréter, d'ailleurs cet autre titre sur les hommes n'avait pas fait autant réagir http://redaction.blog.regionsjob.co...
Mais je comprends qu'on puisse être barbé par les clichés, faut-il pour autant en voir là où il n'y en pas ?
@FmR vous faites un concours de titres sexués? Il n'a pas suscité autant de "polémique" (si je puis dire, nous sommes deux à commenter ici indiquant que quelque chose nous gêne dans l'article. Mais je suis la seule sans doute à surveiller les réponses aux commentaires, d'ou la "polémique".)
Les femmes ont le droit d'aimer le rose, je n'ai jamais dit le contraire. J'essaye juste de faire comprendre qu'il faut arrêter d'associer le rose aux femmes. est-ce trop compliqué à comprendre?
D'ailleurs - pourquoi donc ne pas mettre "Les femmes ingénieurs heureuses au travail" en titre, comme le suggère votre URL?
@Priscilla: je trouve que l'ironie transparaît bien peu, dans la mesure où beaucoup de femmes se voient répondre ça dans leurs revendication: "vous avez déjà tout", "que vous faut-il de plus?", "allez voir dans d'autres pays où les inégalités sont bien plus criantes".
au risque de paraître trop sérieuse sur la question de l'égalité homme-femme, l'ironie n'est pas tellement adaptée. Ou alors j'aurais bien vu une phrase plus mordante, du style "Qui a dit que la journée de la femme était "sympathique" mais aujourd'hui inutile?"
@Aratta, on essaie juste de trouver des titres qui font réagir ;-) Et si on associait plutôt le rose à l'avenir ?
@Delphine : pour traiter souvent du sujet sur ce blog, je trouve justement, pour ma part, que l'ironie est adaptée tant les choses avancent peu sur le plan des discriminations. Mais vous avez tout à fait le droit de ne pas être d'accord, c'est tout l'intérêt d'en discuter justement...
@Priscilla @Delphine l'ironie est complètement adaptée, mais verbalement. A l'écrit elle a du mal à passer, il faut donc trouver une forme plus appropriée... car en effet j'ai compris la phrase comme Delphine, au premier degré, comme le ton de l'article justement.
@FmR: mon avenir est limpide, transparent, compliqué ou simple, mais pas rose...
tout à fait.
je trouve pour ma part qu'il est facile d'invoquer, l'ironie, l'humour et le sacro-saint second degré pour faire passer des messages sexistes.
je ne dis pas que c'est votre cas. je pense que votre formulation peut-être mal perçue, trop proche de ce qu'on entend souvent (et qui est dit sérieusement).
@Aratta : Bon visiblement vous n'aimez pas le rose on a bien compris merci.
@FmR : je ne sais pas si je m'exprime mal, ou bien si je ne suis pas bien lue. "J'essaye juste de faire comprendre qu'il faut arrêter d'associer le rose aux femmes" ou ai-je dit que je n'aimais pas le rose?
De toute façon, dès que l'on s'insurge sur un cliché ou sur un propos sexiste, la même réponse nous est faite, comme le souligne si justement Delphine: "Mais vous ne comprenez pas, c'est de l'humour" ou bien "Ne fais pas de ton cas une généralité".
Effectivement, je ferai plus attention la prochaine fois car cela n'a pas l'air "limpide". Je prend donc bonne note de vos remarques.
Pour ma part, je n'ai aucun problème avec le rose (ni avec l'icone twitter que j'ai choisi), et j'aurai tout autant pu associer cette couleur à un article sur les hommes (si si !)...
Est-ce si grave d'associer le rose aux femmes ? Je dirai que non. Cependant, nous sommes d'accord avec vous sur le fait qu'il faut continuer à s'insurger contre les clichés et les propos sexistes, chacun(e) à sa manière...
je soutiens Arrata: je porte aujourd'hui un pull rose mais je trouve qu'il y avait plein d'autres qualificatifs dynamiques et sympas pour qualifier l'avenir des femmes ingénieures.
@Priscilla, ce n'est pas forcément grave d'associer le rose aux femmes, mais le risque c'est qu'avec la couleur rose viennent tout un tas d'autres stéréotypes.
En effet - le rose est joli, je l'aime, ce n'est pas forcément "grave" de l'associer aux femmes. ce qui est grave, c'est que cette association soit presque systématique, et c'est ça que je n'aime pas....D'ou le fait d'essayer d'arrêter cette association, car qui dit rose dit "enfantin", "niais", "innocent"... (je me réfère à la symbolique des couleurs perçues dans une société occidentale. Le bleu => calme sérénité, le vert => espoir, bonheur... etc). Culturellement, rose c'est un peu fifille, un peu nunuche, bref, ce n'est pas une image très positive.
"Voir la vie en rose" est positif, mais peu réaliste...
Voilà un article qui commençait bien, continuait bien avec un discours positif sur les femmes ingénieurs et qui finit bien mal. Quelle violence faite aux femmes discriminées que ce "on ne peut pas tout avoir" !! L'ironie n'est pas de mise sur un sujet aussi révoltant.
Faudrait-il s'excuser d'être femme et ingénieure, femme et diplômée, femme et indépendante financièrement.
C'est au nom de cette ironie et de cette désinvolture, que les femmes sont aujourd'hui moins payées que les hommes à salaire égale, harcelées ou maltraitées parcequ'elles ont peut de perdre leur emploi.
Alors vraiment, ne pas être discriminée, ce n'est pas "vouloir tout avoir" mais réclamer ce qui est juste.
Aline, Vice-Présidente de Femmes Ingénieurs
Vous avez raison Aline nous allons changer cette formulation.
Ou comment un seul commentaire, venant d'une femme haut-placée, vous fait changer une formulation, alors qu'une discussion avec vous a été complètement stérile :)
Comme quoi, le mot Vice-Présidente fait des ravages ( c'est tout à votre honneur Aline, mais pourquoi donc le mettre en étendard?)
@Aratta, ça n'a rien à voir il y a eu plusieurs réflexions au sujet de la chute du billet sur la discrimination et c'est vrai que ça pouvait être mal interprété. C'est un sujet trop grave pour faire de l'ironie dessus.
Je vais rester courtois mais votre mauvais esprit commence à me fatiguer légèrement. Vous êtes la seule à ne pas comprendre que "voir l'avenir en rose" est une expression qui n'a aucune connotation genrée, même dans ce contexte. Et vous vous trompez, la discussion n'est jamais stérile, seules les remarques sans intérêt le sont.