Funemployment : voir le chômage du bon côté
C'est une tendance qui vient des Etats-Unis : le funemployment, contraction de "fun" et de chômage en anglais... Ou comment prendre la vie de chômeur du bon côté. C'est le journal Los Angeles Times qui s'est penché sur cette nouvelle relation au travail. Nouvelle car Outre-Atlantique, il y a peu de temps encore, les horaires à rallonge et le survinvestissement dans le boulot étaient à la mode. Oui mais voilà, la crise est passée par là et a remis en cause les modèles établis.
A en croire les témoignages recueillis par le Los Angeles Times (voir l'article traduit sur Courrier International), les adeptes du funemployment (en général des célibataires de 20 à 40 ans) ont juste envie de prendre du temps pour eux avant de réembaucher. Et surtout, ils aspirent à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Certains vont même plus loin en affichant sur des badges leur joie de ne plus avoir d'emploi : "No Job, no problem", "chômeur heureux", ou encore "je regarde la télévision toute la journée"... Une collection de slogans lancée par Irina Blok, directrice artistique au chômage.
Pour le Los Angeles Times "ce phénomène en dit long sur l'évolution de la société américaine. (...) Il traduit à la fois le narcissisme culturel américain et une réaction de rejet du monde de l'entreprise". Effet indésirable de la crise, le funemployment serait un remède à la morosité ambiante, une manière de dire que tout ne tourne pas autour de l'emploi et qu'il faut "prendre un peu de recul"... Facile à dire quand on fait partie d'une minorité de privilégiés qui n'a pas un besoin urgent de retravailler...
Alors le chômage, vaut-il mieux en rire ou en pleurer ?
Publié le lundi 29 juin 2009 · 11:01 · Par FmR
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Cette idée de badge me plait beaucoup par contre je pense que c'est un peu par dépit que les gens adhèrent au Funemployment. Peut être que certaines personnes arrivent à profiter de leur situation de sans emploi, moi pas.
Ce qui à première vue peut paraître "mignon" est en fait une affirmation à l'égard du reste de la population d'un statut de LOSER... c'est un peu beaucoup pathétique.....
J'aime bien cette idée ! Il me semble que c aussi une façon de renvoyer le boomerang aux personnes qui pensent justement qu'ils sont des loosers, qui ont une vision un peu rigide de la "réussite". C'est de l' humour caustique...
Par contre il est INDENIABLE que c'est réservé à l'élite des chômeurs !
La grande gagnante, je crois que c'est la DA, qui a senti le vent et a trouvé une idée simple, humoristique (badges pas cher) pour verbaliser une réelle tendance de fond sur le ras le bol du travail travail travail.
Bien que nous puissions apprécier la rupture du quotidien d'un "actif" (horaires, contraintes, responsabilités, ...) et lorsque perdre son job devient une ritournelle avec ses lots d'échecs pour en retrouver un (mobilité, perte de salaire, faire ses preuves...), il faut se poser les bonnes questions !
- L'état de santé est il encore là ? Avez vous la sensation d'être plus reposez depuis ?
- La motivation pour accomplir vos objectifs est elle en berne ? N'avez vous pas la sensation de douter de vos capacités ?
- Les moyens financiers dont vous disposez ne vous laissent ils dans un état végétatif avancé ?
- N'évitez vous pas les confrontations amicales ou autre en vous isolant de plus en plus ?
Quoiqu'en en dise, je doute que quiconque ne se sente à l'aise dans cette situation. Une meilleure répartition de l'activité permettrait à tous d'apprécier le travail afin de ne plus avoir de mulets et de paumés !
Sans doute que certains chômeurs dans ce pays peuvent se permettre de rire de ne plus avoir d'emploi. Le badge oui pourquoi pas si c'est vraiment le ressenti de ces personnes. Toutefois, dans ma situation il est impensable que je puisse être heureuse de cet etat de chosesn surtout quand l'age entre en ligne de compte. Je crois que la majorité des demandeurs d'emplois de notre pays (les vrais demandeurs d'emplois) ne peuvent se réjouir de cette situation quand ils ont famille ou crédits à rembourser.
Désolé Amarch, mais n'est ce pas plutôt considérer qu'être demandeur d'emploi signifie mécaniquement que la personne en question est un loser qui est un peu beaucoup pathétique ?
Mais certainement en postant votre commentaire à 17 h 47, vous l'avez fait en rentrant du bureau...contrairement à Delphine , Vitamine et ...moi même qui écrivons pendant les heures bureau, losers oisifs que nous sommes!
pour ma part je ne suis pas en situation de chômage mais après deux ans de galère en longue maladie, j'ai accepté l'invalidité deux, non sans culpabilité et doutes au départ,difficile de faire le deuil du modèle sur lequel on a été construit, celui du bon employé à celui qui s'en met plein les fouilles
Ce qui m'a fait accepter ce concept similaire à celui dont vous parlez,à été de me dire : le travail pour le travail n'est pas une fin en soi, si l'on peut vivre et se nourrir tout de même.
Aujourd'hui j'existe à travers des activités que j'aime, comme le service à l'autre, la relation d'aide et d'accompagnement aux personnes, petits et grands, je peux donner un coup de main aux mamans pour les devoirs, une aide en informatique recevoir une personne seule, isolée, âgée chez moi pour une petite ballade, un petit repas préparé ensemble...bref sans passer par des règles et des horaires auxquelles je ne peux ,ni d'ailleurs ne veux plus.m'astreindre ..que de la solaridité à mon prochain! j'en suis arrivé aux mêmes conclusions, on peut être utile et exister sans passer par la case travail officielle ...car ne rien faire n'est pas bon. Dans les douze besoins fondamentausx de l'homme, hormis celui de boire,s'alimenter...besoins fondamentaux, il y a aussi celui de se sentir utile et donc valoriser...je travaille donc pour mon simple plaisir, je fais ce qui me plaît...quand je le peux ou le veux!
Sans aller jusqu'à porter ces badges, il faut reconnaitre que la situation de chomeur a quelques avantages.
Après 10 de vie professionnelle chargée, j'ai été licenciée avec 2 enfants en bas âge.
Pendant 4 mois, j'ai multiplié les démarches en broyat du noir à l'idée de ne pas retrouver de travail, de galérer financièrement, d'être un fardeau pour la société.
J'ai ensuite enchainé des CDD et des missions plus ou moins intéressants, ce qui m'a permis d'enrichir mon CV.
Maintenant, quand j'ai une période de chomage entre 2 missions, je recherche activement du travail certes, mais j'en profite aussi pour faire tout ce que je peux pas faire quand je travaille : aller chercher mes enfants à l'école, donner du temps pour une association, aller voir plus souvent des personnes agées de mon entourage, m'occuper de ma maison, du jardin, lire....
Je suis ensuite contente de retravailler, de découvrir une nouvelle entreprise, de nouveaux collègues.
J'aime mon métier mais je ne suis pas prête à travailler dans n'importe quelles conditions, à n'importe quel prix et ma famille passe avant tout.
Je n'ai pas choisi cette situation précaire mais j'essaie d'en apprécier les bons coté.
Merci de vos témoignages et commentaires sur ce phénomène un peu extrême (comme toujours aux Etats-Unis). Comme le billet le signale le funemployment est une "mode" plutôt élitiste... C'est difficile de faire des comparaisons avec la France où le chômeur est souvent stigmatisé. Quand on connaît une période d'inactivité professionnelle c'est pas facile de se dire qu'on va prendre du bon temps. Comme dit Sacha on pense surtout azu crédit à payer à la famille qui compte sur le salaire. Le sentiment de culpabilité n'est jamais très loin. Je pense que ce qui nous différencie avec les Etats-Unis c'est vraiment le mode d'assistance et d'indemnisation du chômage. Cela détermine aussi un certain rapport avec le travail et avec l'absence de travail.
Les périodes d'inactivité sont devenues récurrentes chez nous comme ailleurs : prendre un peu de recul est peut-être nécessaire, mais ce n'est que temporaire, après évidemment il faut rebondir.
Le concept est sympa; je suis assez d'accord avec Vitamine. Personnellement, je sors tout juste d'une grave dépression, "Burn-out" complet ... J'étais tout simplement plus en état, KO debout, vidé. Et lourdé. Pour Amarch ; vous ne devriez pas traiter les chômeurs de loosers; quand vous y serez (personne n'est à l'abri), vous, on verra comment vous la vivrez, cette frustration de ne plus savoir quoi inventer pour retrouver du boulot, même les trucs les plus loufoques, alors que vous avez envie de travailler.
51 ans, licencié économique depuis 2 mois, & absolument pas honteux de mon statut de chomeur.
En fait, je trouve ces badges plutot droles & ça ne me dérangerait pas d'en porter, n'en déplaise à AMarch. Etre amené à chercher un nouveau poste n'est pas un échec, mais plutot une bonne raison de se remettre en question & de sortir de la sclérose de la routine quotidienne.
Et merci au commentaire d'Isabelle qui nous change agréablement du "snif bou bou' de plus en plus répandu dans ce pays. Ca fait plaisir de voir qu'il reste encore des gens capables de positiver & de faire des choix de vie qui ne soient pas nécessairement "politiquement corrects" au regard des AMarch du monde entier.
Ni looser, ni pathétique. Je suis chomeur & je l'assume.
Et tant pis pour tous les pseudos winners.
@FmR : +1
Je partage cet avis.
Depuis 2002 et un repositionnement professionnel, j'alterne périodes d'emploi avec (longues) périodes de chômage. Autant 1ère période de chômage ou bien une période <6 mois reste "vivable" psychologiquement parlant, gérable, où l'on se dit qu'on va enfin pouvoir gérer son temps et ses activités comme on le souhaite. Mais cette douce euphorie de dure qu'un temps.
Parce que la durée du chômage s'accompagne de caps, qu'ils soient financiers ou psychologiques. A partir de 6 mois, vous commencez doucement à comprendre que le retour à l'emploi ne sera peut être pas si évident qu'il n'y parait.
A 9 mois, vous vous apercevez que vous avez effectué beaucoup de démarches mais que, contrairement à une grossesse ;-), vous n'arrivez toujours pas à concrétiser ("à conclure", dirait Michel Blanc). L'angoisse commence insideusement à faire son chemin, sans que vous ne vous en rendiez compte.
A 12 mois, c'est le bilan : 1 an déjà de passer et rien de concrétisé. A ce stade, le compte à rebours des indemnités commence à sévèrement poindre son nez. L'heure des GO (Grandes Orientations) a sonné : refaire ou pas un énième master-pour-être-sûr-de-mon-employabilité-au-top-niveau-de-la-pile-des... CV des recruteurs-moteurs de recherche-chasseurs-de-têtes-chasseurs-de-cerveaux-chasseurs-de-bras ?
Réduire ses prétentions de +50% ? (si, si, j'en connais qui l'on fait parce qu'on leur avait promis la bénédiction d'un cDI à la suite d'un CDD... CDI qui n'a jamais vu le jour)
Sortir du cadre (c'est le cas de le dire) pour tenter l'aventure de l'auto-entreprenariat ou du portage salarial ? Yes, I can ! ... mais à éviter en période de crise si on n'a pas un projet d'activité "béton" et très porteur.
A partir de 12 mois, intervient votre médecin qui, voyant votre mental de gagneur (en façade), vous prescrit avec tact et délicatesse de petites pilules de millepertuis pour éviter que l'envers du décors ne s'écroule davantage.
Donc, en apparence, je suis un vrai "funemployed" ! ;-))
Qu'en penser ?
Je suis au chômage depuis le 3 juin dernier et malgré toute l'énergie que je mets à retrouver de l'emploi, j'ai l'impression de ne rien faire. Et quand je travaillais, je n'avais jamais assez de temps pour me détendre.
Je comprends parfaitement qu'on puisse prendre du recul, c'est même "bon", sinon, on devient aigri. De là à dire que c'est du fun, non ! La recherche d'équilibre ne veut pas dire qu'on boit de la bière les doigts de pieds en éventail devant la télé en attendant que ça vienne. On peut simplement mieux accepter la situation en prenant un peu de plaisir.
L'opposé de ce funemployement serait... comme je bosse, il faut que ce soit emmerdant... j'espère que ce n'est pas le cas. Alors acceptons l'augure, d'un puisque je suis en recherche d'emploi, je peux aussi prendre du plaisir.
Tout cela est comme d'habitude une question de juste équilibre... que j'essaie de trouver.
Chômeur c'est un travail, pour moi, c'est rechercher systématiquement du boulot ou à créer son boulot, pas une sinécure.
que vous soyez chômeur ou salarié, je vous souhaite bon courage à tous et beaucoup de plaisir.
Eh bien chers amis, quand comprendrez vous que la pire chose qu'il nous soit arrivée, à nous les Hommes, est le travail! Funemployment est un pléonasme!
Soyez heureux de ne rien faire et devenez adeptes de la sieste à toute heure!
Bonjour,
Je viens d'être licenciée depuis le 8 juin dernier, ce qui m'a permis de connaître des joies que je n'avais jamais connues, comme aller aux sorties de fin d'année avec mes enfants.
Je subis ce chômage, mais je compte bien profiter des bons côtés de cette situation, notamment en visitant enfin les musées que je n'ai pas visités, et en passant des moments privilégiés avec ceux que j'aime.
La reprise arrivera bien un jour...en attendant, je mets un maximum de chances de mon coté en cherchant un nouveau job, et le reste du temps, je l'occupe avec des petits plaisirs pas trop onéreux (il y en a beaucoup, quand on cherche !). Les stickers correspondent tout à fait à mon état d'esprit actuel !
Cela m'attriste de voir que certains d'entre nous vivent très mal cette situation et j'espère qu'après quelques mois, je ne perdrai pas ma joie de vivre et d'entreprendre qui pour l'instant reste intacte !
En attendant, je comprends bien que certains d'entre nous soient stressés par leurs crédits...cela ne me fait pas non plus plaisir d'anticiper ma baisse de revenus prochaine via les assedic, mais j'essaierai de diminuer mes dépenses à ce moment là... Et si j'arrive en fin de droit sans retrouver, je prendrai alors un job même sous-payée ... Il n'y a pas de problèmes, juste des solutions !
Bon courage à tous et à toutes dans ces moments difficiles !
Qu'est-ce qu'on est heureux au travail, avec des patrons qui s'en mettent plein les poches, évitent d'écouter leurs subalternes sans intérêt. Dire que quand on travaille, on est obligé d'aller sur internet pour passer le temps ! Et on retrouve avec joie nos collègues qu'on n'aurait jamais connus si on n'était pas embauchés dans la même boite (terme qui correspond bien à l'environnement du travail, très ouvert). Ah ! c'est sûr, prendre le temps, c'est trop dur. Oui, baisse de revenus, mais moins de frais de transport, de frais d'habillement, etc.
Bonjour,
je suis journaliste pour l'agence de presse audiovisuelle "TV presse". Nous préparons un reportage sur le Funemployement pour Envoyé Spécial sur France 2. Nous partons aux Etats-Unis pour enquêter sur la réalité de ce phénomène (mode? réelle tendance? ou simple conjoncture liée à la crise?).
Dans ce cadre, nous recherchons des témoins français qui se reconnaissent dans cette description.
- Si vous alternez période de chômage et période d'activité depuis longtemps et que vous vivez bien cette situation.
- Si vous avez été licencié récemment et que vous souhaitez vous réorienter vers un autre métier ou tout simplement essayer de monter un projet qui vous tient à coeur. Si vous avez décidé de vous adapter financièrement pour parvenir à vos fins.
- Si tout simplement, vous profitez de cette période de chômage pour repenser votre mode de vie en attendant sereinement que la situation économique s'améliore.
Contactez-moi par mail jeromesesquin@gmail.com
Merci
Moi j ai profité d'une période de chomage pour créer ma boite. C est pas ce qu'il y a de plus fun mais ça m a plus
Bonjour
Nous sommes sans enfants et saisonniers depuis toujours (35h/semaine) et refusant tout Contrat a Durée Infinie;notre petite maison est payée et notre temps libre de 4 à 6 mois par an nous voyageons, et entretenons notre maison et jardin;pêche à pied ,vélo,fiesta; tranquille la vie;nous refusons parfois des contrats: travailler moins ,gagner moins mais vivre plus. Connaissant plusieurs saisonniers je peux vous dire que nous ne sommes pas des cas iisolés, il faut en profiter avant la retraite car elle court devant nous la retraite et quand on l'attrapera on sera peut etre en mauvais état ou pire
Rappelez vous la chanson de Salvador "le travail c 'est la santé ......"
Le funemployment c'est simplement ne pas avoir honte d'être au chômage !!! ce n'est pas de notre faute si on n'est au chômage, c'est pas parce qu'on est bon à rien ou incompétent, c'est parce que les patrons sous prétextes de gagner toujours plus de milliards n'ont aucune pitié à nous virer et à détruire le monde du travail !!!
Arrêtons juste de culpabiliser et d'avoir honte, c'est aux patrons et au gouvernement (qui ne fait rien pour baisser le taux de chômage) d'avoir honte !!!