De la crise... à la pénurie
Mais le plus grave, notamment pour les jeunes informaticiens qui, il y a moins d'un an, n'avaient même pas besoin de chercher du boulot, c'est qu'ils ne sont pas du tout préparés à ce retournement du marché. Hier en position de force pour négocier et dégoter le job en or avant même d'avoir leur diplôme en poche, ils se retrouvent dans la même position que les jeunes diplômés du secteur de la communication : beaucoup d'appelés et très peu d'élus avec des salaires tirés vers le bas. Une situation difficile qui pousse même les spécialistes du recrutement à leur conseiller de retarder leur entrée sur le marché du travail.

Le comble, c'est que cette situation risque de peser sur les embauches futures des entreprises. Les écoles d'ingénieurs ou d'informatiques étaient la voie royale vers l'emploi il y a encore peu de temps, ce n'est plus vraiment le cas. Les jeunes vont donc s'orienter vers d'autres filières ou diplômes porteurs et lorsque les besoins se feront à nouveau sentir on se retrouvera en situation de pénurie de profils qualifiés. Comme il faut cinq ans pour faire un ingénieur, les entreprises vont devoir se battre à nouveau pour les trouver. Retour à la case départ, comme avant la crise !
Finalement sur le marché de l'emploi, tout est affaire de cycles. Pas facile pour les jeunes candidats de tomber au bon moment...

A lire aussi l'article de la Tribune sur l'insertion des Jeunes Diplômés.