Augmentation du pouvoir de rachat
Tout le monde attendait un coup de pouce en faveur du pouvoir d’achat, finalement c’est le pouvoir de rachat qui prend la main : rachat des années d’études pour la retraite, rachat des RTT et maintenant rachat du droit de grève avec cet exemple d’une entreprise du Sud-Ouest qui propose 1000 euros aux salariés qui s’engagent à ne pas faire grève dans l’année. Bien sûr les employés peuvent changer d’avis et faire grève, mais ils devront alors rembourser la somme.
Une atteinte au droit de grève ? Un dû que l’on donne mais qui peut être repris… Un doigt de calcul dans le droit du travail ? Moi je dis pouce !
On dirait qu’un malentendu s’est glissé dans le dialogue social. La demande portait sur le pouvoir d’achat, pas sur le pouvoir de rachat. Une affaire de mots, une lettre qui change et le compte n’est plus bon. Acheter un droit, ça ne manque pas d’air. Céder ses droits pour de l’argent, ouvrir sa porte à la monnaie, c’est aller droit dans le mur.
Le seul moyen d’augmenter ses revenus se résume aujourd'hui à faire des heures supplémentaires, ne plus prendre de congés, ni de RTT et ne plus faire grève. Au moins la réputation des salariés français à l’étranger y gagnera un profit : finie l’image du fainéant-toujours-en-grève. Il n'y aura plus qu’à se racheter une conscience et tout sera parfait dans le meilleur des mondes. A défaut de droit, il nous restera toujours un doigt à lever...
Publié le mercredi 20 février 2008 · 16:06 · Par FmR
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C'est assez hallucinant; peut-on vraiment "vendre" le droit de grêve?!
Excellent billet.
Au final, on se croirait au Moyen-Age, où l'on achetait des Indulgences: rachetons pour avoir une place au paradis du pouvoir d'achat...
Merci pour cet excellent billet qui met quelques points sur les i...
Ce qui est exceptionnel dans l'histoire, c'est que les théoriciens du "travailler plus ..." ont tout faux. Que veulent-ils ? Si il s'agit juste de répondre à une demande de hausse du pouvoir d'achat en donnant le moins possible, c'est logique, mais on voit aujourd'hui dans les sondages que plus personne n'est convaincu.
En tout cas, ce pouvoir d'achat, s'il est augmenté par l'accroissement du travail, ne se verra pas traduit ni par une consommation des ménages accrue (plus de temps pour les loisirs ...), ni par une meilleure productivité (les salariés fatigués et déprimés n'ont jamais fait du bon boulot ...).
Et pendant ce temps là, les riches sont de plus en plus riches ! (cf. la revue Sciences Humaines de ce mois-ci http://www.scienceshumaines.com/ine... )
J'ai jamais fait grève de ma vie professionnelle. Je pense qu'il y a de meilleurs leviers pour se faire entendre.
En ce qui me concerne, mon droit de grève est à vendre et ce sans me poser de problème métaphysique.
Sur les autres points, je suis plutôt d'accord, ce n'est pas ça qui va augmenter le pouvoir d'achat des ménages. Qu'on commence par diminuer les charges patronales sur les salaires et que tout dépassement du nombre d'heures contractuelles donnent vraiment lieu à indemnisation, ça sera déjà bien...
@ Bertrand : Moi non plus je n'ai jamais fait grève, mais comme tu le dis bien c'est dommage que le seul moyen de gagner plus d'argent soit de rogner sur le droit du travail. Le principe me parait vraiment rétrograde.
@ Valériane tout à fait d'accord sur l'effet de l'accroissement du travail, sans parler des conséquences sur la santé les accidents...
Merci aussi pour le lien je vais aller voir ça.
@ Véronique, comme pour les indulgences aujourd'hui tout a un prix.
Moi non plus, je n'ai jamais fait grève, mais il me semble que le droit du travail n'est pas modifiable ainsi; je vais aller me renseigner.
@FmR: ben non, tout n'a pas un prix. Je vais me faire traiter de néo romantique si je développe.:)
Je reviens après avoir effectué un premier tour d'horizon sur différents sites juridiques, ainsi que sur les sites de France Info et Libération, plus un ou deux coups de fils. Cela m'a d'ailleurs permis de lire ce en quoi constitue précisemment le droit de grève (et dans l'exemple on parle du secteur privé, qui est encore différent du secteur public).
Comme toujours, la réalité est complexe:
alors, non, le droit de grève n'est pas modifiable.
Rappellons qu'il fait partie des textes qui font presque partie du droit constitutionnel (en tout cas des textes qui doivent être en conformité avec la Constitution).
La société qui a proposé ce dont il est question dans le billet (elle n'est pas seule, j'en ai trouvé une autre d'ailleurs!) a appelé cela "contrat de garantie de permanence de prestation"; elle a entamé cette action dans le cadre de négociations en cours qui entrainaient des "débrayages" (plus ou moins interdits eux aussi semblent-il). En faisant cela, elle se place sous un angle contractuel, qui relève du droit privé (en liaison ici avec le droit du travail). N'importe quelle entreprise peut conclure un document contractuel avec ses employés.
En l'espèce, il semblerait que cette entreprise (cf Libération) ait déjà fait l'objet de pratiques du même type. Bien que la moitié des salariés aient signé l'accord, certains syndicats vont entamer une action auprès de l'Inspection du travail.
Voilà. Pardon, c'était un peu long, mais il me semble que ce sujet mérite une réponse plus fouillée; on va toujours trop vite sur les blogs! (enfin, je parle pour moi).
Si vous n'avez jamais fait grève, en quoi ça vous gène que votre entreprise vous propose de vous racheter ce droit tous les ans ?
Sachant que si vous faites grève, vous ne respectez pas l'accord et donc vous devrez rembourser.
L'entreprise propose un contrat privé, qui n'est absolument pas obligatoire, dans lequel l'employé s'engage à ne pas faire grève, et l'employeur a verser une prime de 1000 euros. Qui plus est, le contrat prévoit les causes et les conditions d'annulation.
Y'a t'il un juriste dans la salle pour nous éclaircir la situation ?
Le point positif que j'y vois c'est que si cette loi passe, il va y avoir des grèves ... et moi (et surement beaucoup d'autres) j'empocherai 1000 euros :-)
Ce qui me gène c'est que justement (cf le commentaire de Véronique) c'est contraire au droit du travail. Après je comprends tout à fait que les gens acceptent le chèque. Et ça ne risque pas de devenir une loi.
Je suis consternée... Pour pouvoir vivre décemment, on nous a déjà proposé de vendre nos RTT, maintenant on pourrait vendre notre droit de grève, et puis demain quoi ?
Ca me fait penser à un fait divers qui a quelques semaines : une indienne a porté plainte contre son mari parce qu'il avait vendu un de ses reins à son insu. Après avoir administré un sédatif à sa femme, il l'avait emmener à l'hôpital pour vendre un peu de sa "chair et tendre" !
Sans aller jusque-là, est-ce qu'on nous dira bientôt d'aller faire le trottoir pour arrondir nos fins de mois ?
ATTENTION !!!, on peut comprendre que vous puissiez toutes et tous vous enflammer aussi facilement si une annonce officielle émanant du gouvernement en place, propose cet "accord" débile...
(je sais qu'aujourd'hui, c'est "tendance" de critiquer tout et n'importe quoi, surtout si cela vient du gouvernement...),
mais de là à créer une psychose , il y a un abysse...je sens la démagogie s'installer... non ?
Il ne s'agit là d'exactions faites, QUE par 2 entreprises en France, qui s'inscrivent en faux par rapport à la loi et les droits en vigueur, ..halte au sketch ! ce que deux entreprises font, n'est pas le reflet de ce que propose un gouvernement, quel qu'il soit d'ailleurs...(si à chaque fois qu'un individu ou une entreprise dérape, cela devient la faute du gouvernement en place, cela devient complètement ridicule...)
D'accord pour discuter des effets d'un décret d'une loi ou autre, mais là il ne s'agit manifestement pas de cela.
Personnellement je ne défend pas le gouvernement en place, (il y a du bon et du mauvais, comme dans toutes les actions menées par TOUS les gouvernements qui sont passé en France depuis la III ième République...), Mais comme vous, je ne peux que constater les avancées ou les dégringolades, et j'ai plus envie d'apporter une discution objective et constructive, plutôt qu'une critique systématique et pour le coup ici non fondée (s'agissant du droit de grève), qui ne fait avancer RIEN de RIEN. Restons donc objectif, condamnons alors ces deux entreprises certes, mais SVP, stop aux débats politiciens stériles qui ne font qu'alimenter les haines...
Comme le dit Véronique, la gestion d'un pays c'est extrêmement complexe,
Aujourd'hui les hommes et femmes et quelques soit leur bord politique, qui travaillent au redressement du pays, sont systématiquement critiqués, enfoncés, dénoncés parfois lynchés avant même qu'ils n'aient ouvert la bouche pour proposer quelques chose...je déteste cette attitude détestable...tout du moins, ce type d'échanges, à mon sens, ne devraient pas avoir lieu sur cette plate-forme EMPLOI..., des forums "politicard" existent pour se lâcher sur un tas de sujet "polémicard"...
Christian, je voulais dire que c'est l'approche de l'information - en général - qui est complexe sur ce type de sujet.
Ne t'emflamme pas s'il te plaît. Je n'aime pas plus que toi la critique à tout va. Mais, il est légitime de réagir; parmi les blogs emplois, il y en a beaucoup qui sont dans des situations délicates ou précaires, ça rend réactif.
Enfin, tu le sais. Je crois qu'il faut prendre le temps de réfléchir et décanter sans doute avant de réagir, autant pour moi, d'ailleurs. Ca s'apprend.
Ah je savais bien que ce billet allait susciter un débat... c'est ce qui est intéressant
Christian, dans le billet je fais un parallèle entre des événements différents (rachat des RTT, rachat du droit de grève). Outre le plaisir simple de jouer sur les mots, je crois que cela révèle une tendance actuelle (émanant du gouvernement et de certaines entreprises comme tu l'as dit) et qui consiste à dire : vous voulez gagner plus ? Il suffit de rogner sur vos droits sociaux et c'est possible. Personnellement, au delà des convictions politiques de chacun, je trouve cette idéologie réactionnaire et scandaleuse. C'est mon point de vue, que je vous le livre sous forme d’édito dans la rubrique Humeur. Comme nous sommes en démocratie et que le fondement de la démocratie c'est le débat, on peut réagir, discuter, argumenter. C'est ce qui fait l'intérêt d'un blog.
Je ne fais pas de la critique systématique (même si mon passé journalistique me porte naturellement à critiquer le pouvoir en place quelle que soit sa couleur). Le principe qui me déplait particulièrement c'est qu'un gouvernement défasse tout ce qui a été fait pendant la période préçédente en matière d’avancées sociales, le tout enrobé dans une promesse de lendemains qui chantent. Je pense qu'on ne peut pas progresser avec des allers-retours incessants, que c'est un manque de respect vis-à-vis des électeurs et je crois plutôt à la continuité de l'action politique, synonyme d'efficacité sur le long terme. Or, depuis quelque temps j'ai l'impression que c'est machine arrière vers le 19ème siècle et que les perdants sont toujours les mêmes. Il y a un vrai problème de répartition des revenus du travail en France. Ce n'est pas moi qui le dit. Le débat politique se focalise sur le pouvoir d'achat mais la réponse actuelle est totalement en décalage. Est-ce qu’on a le droit de le dire ? Oui.
Le décalage, c'est le sujet de ce billet. Tu parles d'attitude détestable qui consiste à critiquer ou lyncher les politiques. Moi ce que je trouve détestable c'est qu'on vienne me dire que ce type d'échanges ne devrait pas avoir lieu ici. Je donne un avis personnel sur ce blog, on peut être d'accord ou pas et en discuter, mais je n'accepte pas que tu viennes me dire que ce n'est pas le lieu pour en parler.
Oui et non ...
Je suis assez d'accord avec Christian sur le fait qu'on critique facilement nos dirigeants avant qu'ils n'aient dit quelque chose (et je parle bien de tous nos dirigeants).
Mais je suis aussi d'accord avec FmR sur le fait que cette proposition de deux entreprises Française touchent de très près au monde du travail (et pour cause).
Enfin je suis aussi d'accord avec Véronique "Je crois qu'il faut prendre le temps de réfléchir et décanter sans doute avant de réagir".
La question est intéressante tout de même : Comment réagirait-on si lors d'un entretien l'entreprise nous propose de racheter notre droit de grève chaque année ?
Je pense que je demanderai à ce que le prix du rachat soit renégocié chaque année en se basant sur l'inflation.
...
Je vous propose une grève illimité (Pas taper !!! ;-) )
Je pense qu'on devrait créer un organisme qui calculerait le juste prix de tous les acquis sociaux. Comme ça avec une grille de tarifs, les salariés pourraient faire leur marché :
" - Bonjour patron ! J'ai fais mes comptes et pour l'année prochaine, je vous vends 50% de RTT, 12 mois de mon droit de grève, 2 jours fériés, 3 semaines de congés payés et puis tiens, t'en qu'on y est, vous prendriez bien un peu d'heures supp !"
;-)
Fabrice,
Désolé que tu n'acceptes pas que d'autres personnes ne pensent pas comme toi tu penses, toi qui prônes la démocratie et la liberté d'expression, je n'ai fais que donner mon avis moi aussi Fabrice.... ai-je le droit ? OUI
J'ai simplement pris soin, aussi de donner mon avis sur les commentaires qui ont été déclenchés suite à ta note qui me semble très polémique. Certains commentaires ont été vifs et sans fondements...j'ai le droit moi aussi de réagir me semble t-il ?
Tu fais croire en somme qu'il est légal de rogner sur les droits sociaux, et notamment sur le rachat du droit de grève par les entreprises (car c'est cela que tes lecteurs ont cru et c'est sur cela qu'ils ont réagi vivement...), site moi l'article de loi qui a été voté et qui permet la chose ? bien sûr tu sais comme moi qu'ils n'existent pas...
Je trouve simplement démagogique de dire que parce que une entreprise à décidé de proposer le rachat des droits de grève à ses salariés, que c'est de la faute du gouvernement actuel et de rajouter que les misères que nous connaissons aujourd'hui sont dues aussi au gouvernement actuel (qui n'est là que depuis huit mois je le rappel)...j'ajoute que J'aurais, réagi de la même manière quelque soit la couleur politique du gouvernement en place, je n'ai donc pas de partie pris...
Quant au 19ième siècle, c'est un siècle pas si mauvais que cela, les fondements de la société moderne ont été posés dans le tout début de ce siècle, la libéralisation du régime de 1851 permet une prospérité économique formidable marquée par l'extension du réseau des voies ferrées, le développement des banques et du commerce, le rattachement de Nice et de la Savoie au pays, Victor Hugo symbolise la culture et la république Française et permet des avancées sociales importantes, les impressionnistes, la commune de Paris, Jules Ferry, la III ème république, la promotion social à l'école, Pasteur et la vaccination, la tour Eiffel, l'invention du cinématographe...que sais-je encore ?
Je trouve pour finir et j'insiste, que ce débat démagogique tel qu'il a été lancé par ton billet aurait plus sa place sur un forum politique que sur une plate-forme de recrutement, je ne t'ai pas INTERDIT de le faire, là encore je n'ai fait que donner mon avis, ai-je le droit ? OUI...
Car personnellement et pour terminer sur une note d'humour...je ne suis là...ni pour Paul, et ni pour Mickey...
Christian, tu as le droit de réagir et de pas être d'accord avec moi, la preuve. J'accepte tout à fait que d'autres personnes ne pensent pas comme moi, ce que je n'accepte pas c'est que tu juges déplacés ces échanges alors même que tu y participe. Ce n'est pas à toi de dire si tel ou tel sujet a sa place sur mon blog.
A aucun moment je n'ai dit que c'était une loi, je cite juste un exemple dans une entreprise, révélateur d'un état d'esprit général. Je n'ai pas l'impression d'avoir créer de la confusion dans l'esprit des autres personnes qui ont commenté ce billet.
J'ai l'impression d'avoir déjà eu ce débat avec toi sur un autre sujet : "travailler plus pour gagner plus"... http://redaction.blog.regionsjob.co...
Tu parlais déjà d'un procès d'intention, j'avais dis on verra bien ce que ça donnera, tu vois le résultat ?
Autre confusion : quant je parle d'un retour au 19ème siècle, je pense aux conditions de travail de l'époque (tu as oublié Zola dans ton inventaire à la Prévert). Evidemment, chaque siècle apporte son lot de progrès.
J'ai l'impression que tu interprètes trop ce que je dis et cherche des sous-entendus là où il n'y en a pas forcément. C'est difficile d'avoir un vrai débat dans ces conditions.
Pour mettre fin à la polémique (Victor !) : oui j'assume, je suis un crypto-anarcho-léniniste tendance trotskiste de droite, ascendant bolchévique à poil dur. De quoi faire des cauchemars non ? ;-)
Tous les deux, nous avons un débat houleux une fois par an alors !!!
Cela reste dans le politiquement correct ;-)
Sauf que l'année prochaine, si je t'ai bien suivi, soit l'accés à ton blog me sera interdit, soit je n'aurais peut-être plus les moyens d'envoyer un mail, ...peut-être pourrais-je prendre alors, la peau de Jean Valjean...je vais devenir célèbre alors ??? ah mais non..., j'ai surement du interpreter encore là...quelle confusion !!!
Bon, comme je vois que nous avons tous les deux plein d'humour, me concernant, j'assume aussi mon appartenance au groupuscule antinéoanarcocobolchetrotskléninedegauche ascendant Blum à poil raz. Je rêve éveillé ;-)
Heu...je me fais toute petite pour dire à Esperluette que j'aime bien son commentaire; pour dire aussi que j'ai demandé à un juriste et un professeur de droit constitutionnel de vérifier un peu ce que j'ai avancé, et que je n'ai pas dit de bêtises...je m'en vais sur la pointe des pieds; je ne vendrais pas mon droit de grève car je n'en ai pas le droit, et pas l'envie et sinon, j'ai écrit un article sur la Fée Clochette, beaucoup moins polémique, tout gentil et distrayant...chut, je m'en vais.
Bon on en reste là, rendez-vous l'année prochaine pour un nouveau débat polémique. Heureusement que les filles (Esperluette et Véronique) sont là pour nous ramener à la raison. Je file lire le billet sur la fée clochette.
Bon week-end à tous.
En lisant ton billet, j'ai pensé à autre chose, qui se rapproche assez d'un de tes commentaires. j'ai moi aussi l'impression d'une régression plutôt que d'une évolution dans le monde du travail.
Ce qui m'inquiète plus, c'est les conséquences même que vont entraîner ces rachats. Comme le dit Esperluette en plaisantant, à la fin de l'année on peut tous proposer le rachat de nos droits. Imaginez que cela se réalise car nous avons besoin de cette argent et tant pis pour ce que diront les collègues, il y a là beaucoup d'argent à gagner au final.
Ne pensez-vous pas que l'entreprise va se retrouver avec une perte d'argent considérable ? n'aura-t-elle pas intérêt à réduire son personnel pour rester compétitive ?
J'ai démontré lors du passage des 35 h qu'il était alors plus intéressant de recruter un jeune que de payer des heures supplémentaires. J'ai eu gain de cause. Avec ces nouvelles mesures, ma démonstration ne tient plus. Car en maintenant la plage horaire d'origine, les heures supplémentaires suffisent.
Mais je peux me tromper, et m'inquièter outre mesure.
Et bien s'il m'avait été donné de "vendre" mon droit de grève j'aurais signé tout de suite. Après tout, je ne vois pas en quoi c'est mal de ne pas vouloir faire grève, tant que les salariés ont le choix. Pour ma part, quand j'étais salarié, je ne me serais jamais vu faire grève. Et Dieu sait que ca n'a pas toujours été facile.
Bienvenue Guillaume, merci de ta participation au débat. Encore une fois je crois qu'il faut voir au delà des intérêts individuels. Bien sûr qu'à titre personnel tout le monde a intérêt à accepter le deal de vendre ses droits. La grève n'est pas une fin en soi, c'est souvent un constat d'échec dans le dialogue social (même si on a tendance à ne voir que les aspects négatifs de la grève dans les transports ou les services publics). Ceci dit, c'est souvent le dernier recours pour des personnes qui n'ont pas d'autres moyens de pression vis-à-vis de leur direction. Il ne faut pas oublier que le rapport est souvent déséquilibré entre les employés et les employeurs. Comme le dit Patricia, il ne faut pas uniquement penser qu'à sa personne. Ce genre de régression concerne tout le monde. C'est une manière d'encourager les salariés à se taire, à courber l'échine. Ces droits basiques (comme le droit de grève) sont le résultat de luttes acharnées pendant des décennies, il ne faut pas les sacrifier en échange d'un chèque. Le prix à payer pour tout le monde en serait démesuré. Il ne faut pas l'oublier et voir au-delà de notre égoïsme pécunier.
C'était bien le sujet du billet : le pouvoir d'achat s'est considérablement dégradé ces dernières années, faut-il encore payer pour le rattraper, je ne le pense pas. C'est une question de principe.