Travailler en open space a un impact négatif sur la mémoire

Encore une pénalité pour les open spaces ! Après leur caractère bruyant, leur promiscuité gênante, ou encore leur manque de confort, on apprend aujourd’hui que ces espaces partagés nuiraient également à notre mémoire. Explications.

C’est un article de la BBC qui alerte sur les limites, voire les dangers des open spaces. A l’heure où 70% des bureaux américains ont adopté ce concept et où près d’un salarié français sur 5 exerce dans ces grands espaces de travail, certaines entreprises font machine arrière et retrouvent le goût des murs et des cloisons ! Les raisons ? Comme le rappelle la BBC, les salariés évoluant dans ces open spaces sont 15% moins productifs, ont de grandes difficultés à se concentrer et sont deux fois plus susceptibles de tomber malade que dans des espaces clos.

Il y a quatre ans, Chris Nagele, cadre dirigeant dans une entreprise du numérique, a fait comme bon nombre de ses pairs : il a déplacé son équipe dans un grand bureau ouvert. Ses collaborateurs travaillaient exclusivement en télétravail, et M. Nagele a vu dans cette configuration ouverte une occasion de rassembler son équipe pour davantage de cohésion et de collaboration, comme il le raconte au média anglais. Volonté louable, dont l’objectif était autant relationnel que « business », mais qui s’est avérée un mauvais calcul. Le dirigeant a rapidement déploré la distraction de ses collègues, leur manque de productivité et d’épanouissement. Une expérience qui aura duré trois ans avant que M. Nagele ne redéménage l’entreprise dans un bâtiment où chacun a désormais son propre bureau. « Beaucoup de mes semblables sont d’accord – les salariés ne peuvent pas supporter les open spaces », affirme-t-il. « Ils ne sont pas du tout productifs et doivent finalement faire plus de travail à la maison pour compenser ».

Le « hotdesking » parasite votre mémoire

Au-delà des considérations de productivité, il y a surtout une raison pour laquelle nous préférons tous un espace de travail avec quatre murs et une porte qui ferme : la concentration. En vérité, nous ne pouvons pas être constamment multitâches et les moindres distractions peuvent nous faire perdre le fil de nos activités durant plus d’une vingtaine de minutes.

Qui plus est, certains espaces ouverts peuvent avoir un impact négatif sur notre mémoire. Un fait qui est particulièrement vrai pour les open spaces où est pratiqué le « hotdesking ». Derrière ce nom barbare se cache une version extrême du bureau partagé, où les salariés n’ont pas de postes fixes et peuvent s’asseoir où ils veulent sur leur lieu de travail. Une pratique destinée à favoriser la collaboration et la mobilité, du moins sur le papier. Or, « nous gardons plus d’informations lorsque nous sommes assis dans un endroit », explique Sally Augustin, psychologue spécialisé dans l’environnement et le design professionnel. Ce n’est pas forcément évident à percevoir, mais nous imprimons de la mémoire – souvent de petits détails – dans notre environnement, précise-t-elle. Et ces détails ne peuvent nous revenir en tête que dans le contexte dans lequel on y a songé. Concrètement, une idée que vous avez eue et que vous n’avez pas eu le temps de noter ou de partager, vous reviendra mieux si vous êtes dans un bureau fermé que dans un open space !

Sally Augustin constate d’ailleurs qu’un projet ou un dossier sera d’une meilleure qualité s’il a été réalisé dans un espace privatif plutôt que dans une vaste salle, aussi design et à la mode soit-elle. « C’est une honte de gâcher des profils de talent en ne leur octroyant pas l’espace qui les soutiendrait dans ce qu’ils font » conclue-t-elle.

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