Les multiples bienfaits d’intégrer la nature au bureau

Intégrer la nature au sein de l’environnement de travail est tendance. Mais au-delà de la tendance, ajouter une pointe de verdure au bureau comporte de multiples bienfaits. Les plantes rendraient même les travailleurs plus heureux et plus productifs. Et les entreprises plus performantes.

Les bureaux d’AirBnb à San Francisco

Une vaste étude menée en 2015 auprès de 7600 travailleurs dans 16 pays a analysé la relation entre le bien-être psychologique, les milieux de travail et les attentes des employés (étude Interface – 2015). Les chercheurs ont ainsi mesuré l’impact de la présence de nature sur le lieu de travail, constatant ainsi que même de tout-petits changements inspirés par la nature pouvaient avoir un impact drastique.

Des impacts à tous niveaux

Dans ce rapport mondial rapporté par la BBC, les employés indiquant travailler au contact d’éléments naturels disent avoir un niveau de bien-être supérieur de 15% aux autres, un niveau de productivité de 6% supérieur, et un niveau de créativité de 15% supérieur. La satisfaction au travail augmente quant à elle de 40% en présence d’éléments naturels au bureau. Une autre étude menée précédemment en 2014 par l’Université de Cardiff au Pays de Galles, confirmait déjà que disposer des plantes sur le lieu de travail rend les salariés plus heureux et plus productifs.

La relation entre les individus et leur environnement aurait un impact insoupçonné sur le travail et la performance de l’entreprise. Un tiers des répondants indique que l’environnement de travail a carrément une incidence sur leur décision de travailler dans une entreprise plutôt qu’une autre (à 33%). Et les bénéfices de la green attitude au bureau ne s’arrêtent pas là.

Des effets directs sur le bien-être des salariés…

Dans plusieurs pays, des études ont déjà prouvé l’impact positif de l’exposition à des éléments naturels (verdure, nature, lumière) dans les hôpitaux, les écoles, les villes…

Les conséquences du manque d’ouverture sur la nature au travail sont significatives selon l’étude Interface. Les chercheurs relèvent par exemple les salariés ne bénéficiant pas de fenêtre donnant sur l’extérieur au sein de leurs bureaux ont un niveau de stress plus élevé que ceux ayant une vue sur de la nature ou un élément aquatique.

De même : les espaces aux couleurs liées à la nature comme le vert, le bleu ou le brun ont un impact positif sur le bien-être des salariés, contrairement aux couleurs plus urbaines comme le gris, qui a un impact significatif sur le niveau de stress des salariés. D’autres éléments entrent en ligne de compte : des bureaux spacieux vs des bureaux étriqués, de la lumière naturelle vs artificielle… La présence ou non de ces éléments rappelant la nature ou ouvrant sur l’extérieur impacte également la productivité et la créativité des employés, favorisés par exemple par la présence des couleurs jaune, bleu et verte.

Le besoin de nature appliqué au travail

Malgré tout, selon l’étude Interface, plus de la moitié des répondants (58%) indiquent ne pas avoir de plantes sur leur lieu de travail et 47% ne bénéficient pas de lumière naturelle. Il paraît en effet difficile pour les scientifiques de quantifier les effets positifs des plantes sur le bien-être des travailleurs. Pourtant, le « besoin de nature » a déjà été identifié par un biologiste américain – Edward O. Wilson, qui a développé la théorie de la « biophilie » en 1984 pour définir l’affinité innée de l’homme pour le vivant et les systèmes naturels. Un concept rapidement repris par de nombreux architectes et designers pour dessiner des bâtiments plus humains et plus verts, combinant plantes, art, lumières naturelle, éclairages, style naturel et effets sonores.

Des gains économiques sensibles

Un rapport réalisé en 2012 par Terrapin sur les aspects économiques de la biophilie fait carrément le lien entre celle-ci et l’augmentation du chiffre d’affaires des entreprises. Dans un centre d’appels de Sacramento en Californie, une expérience a montré des résultats significatifs : les employés ayant une vue sur de la végétation à travers leur fenêtre traitent un plus grand volume d’appels que ceux sans cette vue, se montrant 6 à 7% plus rapide que les autres. À la vue de ce constat, l’entreprise en question a dépensé environ 1000 dollars par employé pour réarranger les bureaux : elle a constaté un retour sur investissement dans les 4 mois avec une augmentation de la productivité de 2990 dollars en moyenne par salarié.

Beaucoup d’entreprises ont déjà intégré les enjeux de la green attitude au travail, dans la Silicon Valley par exemple. Adobe, qui a rénové son siège social en ce sens à San José en Californie ; Amazon, qui prévoit de faire construire d’énormes biosphères futuristes à Seattle, avec à l’intérieur plus de 300 plantes provenant d’une trentaine de pays différents, des arbres, des fontaines, des salles de réunion vertes… En France, le Crédit Agricole a ainsi fait construire son éco-campus à Montrouge en 2010.

L’entreprise-campus gomme la frontière avec le travail

Evergreen, le l’éco-campus du Crédit Agricole à Montrouge

Reproduire la nature en intérieur est plus qu’une tendance : c’est devenu un véritable enjeu. Et adopter le « biophilic design » n’est pas forcément coûteux : quelques plantes, du papier peint, des photos de nature… Et le tour est joué ! Pour le professeur Gerson, l’un des auteurs de la grande étude Interface, « si la technologie reste quelque chose de merveilleux qui nous a amené très loin mais elle ne peut cependant pas remplacer notre inné : l’humain a besoin d’être connecté à la nature ». Malgré toutes les innovations en matière de design de bureaux, le green design semble donc une tendance durable.

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