Entreprendre… grâce à son patron

Your new career signpostCréer sa société et recevoir le soutien de son employeur, c’est possible. Comme Karim Zeroual et Ludovic Lavarec, chaque année quelque 1000 salariés bénéficient du dispositif de l’essaimage. Une formule offrant un appui financier et moral de la part de leur entreprise pour monter ou reprendre une activité. Peu connu du grand public, l’essaimage est pourtant une solution intéressante pour les salariés en mal d’entreprendre. « On sait par expérience qu’une personne ayant à coeur de monter sa propre société trouvera un jour un moyen de réaliser son envie. Les entreprises ont donc tout intérêt à accompagner les salariés dans leur démarche afin de contribuer à la création d’une entreprise viable et pérenne. Cela peut aussi indirectement faire évoluer la culture de l’entreprise en valorisant la prise d’initiative et en favorisant l’esprit d’entreprise », explique Dorothée Sabot, membre de l’Agence pour la création d’entreprises (APCE). L’essaimage, ou quand la ruche de l’entreprise laisse s’envoler ses salariés…

Une aide morale et financière

Le dispositif de l’essaimage regroupe un ensemble de mesures d’accompagnements apportées par une entreprise aux salariés pour favoriser la réussite de leur activité. Cela passe par le « financement de formations, l’apport d’informations, d’appuis techniques ou d’expertises. Une aide financière peut également être octroyée, dont le montant varie selon les projets et les entreprises », détaille Dorothée Sabot. Surtout, en cas d’échec, le salarié peut réintégrer sa société plusieurs années après l’avoir quittée. Karim Zeroual a bénéficié de ces différentes aides. Après 12 années passées chez Orange, il décide de monter sa société, Big5media, spécialisée dans les créations digitales (applications mobiles, tablettes, web, TV). Un projet qui mûrit doucement avant qu’il entende parler de l’essaimage. « Monter sa structure tout seul en travaillant à côté c’est très lourd. J’ai donc pris rendez-vous auprès du dispositif essaimage du groupe et je leur ai exposé mon projet ».

L’anonymat des porteurs de projets respecté

Auprès de ses conseillers, il peut discuter librement, les entreprises étant tenues de respecter la confidentialité des porteurs de projet. Il est alors guidé pour réfléchir à son business plan, à la réalisation d’études de marché. « Des réunions étaient organisées avec mon interlocuteur. Il me faisait avancer sur mon projet, mais en aucun cas il ne le réalise à votre place. Une fois le projet validé, l’entreprise a pris en charge des formations sur mon temps de travail… Une enveloppe financière m’a également été fournie lorsque j’ai quitté Orange pour pouvoir vivre le temps que ma structure me rémunère ». En tout, depuis le premier rendez-vous jusqu’à la création de sa société, 18 mois se sont écoulés. Aujourd’hui, près de 4 ans après le lancement de Big5media, il bénéficie toujours d’un « coach ». Un accompagnement prévu dans son essaimage et qui assure la bonne marche de sa structure.

Un réseau d’essaimés

Un suivi que reçoit également Ludovic Lavarec. Lui aussi est un ex-Orange. Formateur au sein du groupe, sa passion de la formation aux nouvelles technologies finit par se concrétiser sous forme d’entreprise. Après dix ans chez Orange, il fonde E DCLIC. « Je voulais sortir du monde des télécoms et proposer des formations sous forme d’e-learning aussi bien aux adultes qu’aux enfants ». Alors qu’il a déjà repris des études pour se former durant son temps de travail et avancé sur son business plan, la concrétisation de son essaimage aura duré seulement 4 mois. Une durée suffisante pour recevoir des conseils « en comptabilité mais aussi des solutions répondant aux attentes des entrepreneurs : aide à la retraite, invalidité, etc. Bref, tout l’administratif assez lourd ». Trois ans après le lancement de sa société, il se dit satisfait de l’essaimage. « Outre la garantie de retrouver un emploi si cette expérience tournait mal, l’essaimage offre un accompagnement poussé. Des réunions entre anciens et ex essaimés sont par exemple organisés ». Des réunions qui leur « permettent d’échanger, de se créer un réseau et aussi de temps en temps de faire des affaires », analyse Dorothée Sabot.

Un dispositif payant. Après cinq années d’existence, 70 à 90% des entreprises montées en essaimage sont toujours sur le marché. Un chiffre supérieur à la moyenne nationale des jeunes entreprises, selon l’APCE. Et pour les essaimés, c’est l’assurance de poursuivre leur activité. « Une fois que l’on a commencé ce genre d’aventure, on ne souhaite pas revenir en arrière », admet volontiers Karim Zeroual.

Pour bénéficier de ce dispositif, prenez directement contact avec la cellule essaimage de votre société. Si vous n’en avez jamais entendu parler, des informations sont peut-être publiées sur l’extranet ou le panneau d’affichage de votre société. Il n’est pas besoin, voire même déconseillé, d’en parler à votre direction. Cette formule doit en effet assurer l’anonymat des essaimés.

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