Ce qui empêche les candidats de décrocher un job

Jobhopping smallBullhorn, société spécialisée dans les logiciels de recrutement en ligne, a interrogé 1500 recruteurs américains sur ce qui empêche les candidats de décrocher un emploi. D’après les résultats, pour 39% des recruteurs, le « job hopping » – les changements réguliers d’emploi – constitue le pire obstacle pour décrocher un emploi. Viennent ensuite une période de chômage de plus d’un an pour 31% des recruteurs et des trous dans le parcours professionnel pour 28% d’entre eux. Pour plus de la moitié des recruteurs, le manque de stabilité professionnelle d’un candidat s’avèrerait donc très handicapant.

Le « job hopping » mal vu

En anglais, le « job hopping » désigne l’instabilité professionnelle, ou le fait de changer de job tous les ans ou plus. Le problème est que le nouveau modèle de carrière des jeunes est apparemment de changer de poste plus souvent que leurs aînés. « Logiquement, ce genre de comportement est plutôt mal vu chez les recruteurs » explique Vinda Rao, Directeur Marketing chez Bullhorn. « Cela signifie que vous avez volontairement quitté votre emploi. Tout le monde l’a fait une ou deux fois, mais si cette attitude est systématique, on peut aisément supposer que vous avez des problèmes d’engagement ou que vous postulez dans l’entreprise pour autre chose, comme gravir les échelons. Pour le recruteur, cela signifie que vous ne vous intéressez pas vraiment à la société et que vous n’êtes préoccupé que par vos objectifs personnels. Ce qui fait de vous un mauvais investissement pour l’entreprise. » Ainsi, selon les répondants, même si la demande sur les trentenaires est forte, il est plus facile de placer un senior au parcours stable sur un poste qu’un « job hopper » de 30 ans.

Le chômage longue durée, un crime ?

L’étude de Bullhorn fait une autre révélation étonnante : selon les recruteurs, il est plus simple d’embaucher un candidat avec un casier judiciaire qu’un candidat ayant été au chômage pendant deux ans ! Pour Vinda Rao, Directeur Marketing chez Bullhorn, « c’est extrêmement décourageant, parce qu’être au chômage à long terme n’est pas un défaut de caractère. C’est une question de circonstance ».
Selon 36% des répondants, la durée pendant laquelle un candidat peut être au chômage avant qu’il ne devienne difficile à placer sur un poste se situe entre 6 mois et 1 an. Après cette durée, le chômage devient pénalisant pour deux raisons principales : les compétences des candidats en question ne sont plus autant recherchées (31%) et ils sont dépassés en termes de nouvelles technologies et d’outils de travail (bureautique, process…) pour 26% des recruteurs.

Eviter la stigmatisation

« L’un des éléments les plus frustrants de la recherche d’emploi est le silence – de ne pas savoir si vous êtes retenu pour l’entretien » explique Art Papas, fondateur et PDG de Bullhorn. « Etre informé peut aider les candidats à éviter certains pièges et à accroître leurs chances de trouver un emploi. »
Pour éviter la stigmatisation lorsque l’on reste longtemps sans emploi, le Directeur marketing de Bullhorn, Vinda Rao, conseille « d’occuper des emplois à temps partiel, de rester occupé, de prendre des cours… Tout ce qui est nécessaire pour montrer que vous utilisez votre temps libre de manière constructive ». Les entreprises doivent elles-aussi faire un travail sur elles-mêmes, ne serait-ce que pour retenir leurs talents et ne pas stigmatiser systématiquement les candidats ayant connu une ou plusieurs périodes de chômage.

Jobhopping

Voir la synthèse de l’étude.

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Commentaires

  1. pavlov
    26 septembre 2012 - 15h58

    Oh. Je sens que les recruteurs vont donner libre cours à toutes les interprétations. Amis chômeurs tu va encore t’en prendre encore plein la g… Figure.

  2. YannCBienMoi
    27 septembre 2012 - 12h29

    L’étude sur laquelle est basée l’article est américaine et réalisée auprès de recruteurs américains. De fait les résultats sont et les déduction sont valables pour les Etats-Unis et sont difficilement transposables en France où la société, les formations, le droit du travail sont très différents… et où les CDD sont souvent la règle.

  3. Chris
    28 septembre 2012 - 14h35

    Pour les job hoppers, je rajouterais que le recrutement d’un employé a un coût, et si le CV montre au recruteur que la personne a tendance à ne pas rester longtemps, il sait d’ores et déjà qu’il va devoir recommencer un recrutement coûteux dans 12 ou 18 mois… Encore un mauvais point!

    Même si vous avez l’intention de ne pas resetr dans la société ou vous postuler, et si votre profil de job hopper ne se voit pas – encore – au travers de votre CV, il faut toujours montrer au recruteur que vous vous intéressez à la société, que vous vous voyez y travailler longtemps, que la culture d’entreprise vous correspond, que vous êtes quelqu’un de stable et de posé, bref, il faut le rassurer, lever ses doutes… Lui cherche évidemment la bonne personne pour le poste, ayant évidemment les bonnes compétences, mais si en plus, il est convaincu que la personne qu’il a en face de lui va rester longtemps et ne va pas faire trop de vagues, c’est d’autant mieux pour lui!

    Chris

  4. Patrick VéPéFeu
    1 octobre 2012 - 18h24

    Aujourd’hui, le recrutement est surtout affaire de maîtrise donc, d’expérience, de culture générale et de savoir faire en matière de veille (techno, marchés,sociale, démographique ) Maintenant, en matière de Job hopping, j’ai constaté que certains recruteurs n’hésitaient pas a porter un regard intéressé sur des candidats ‘voyageurs’, car ils développent davantage de capacités réactives que d’autres, sans parler des facilités d’intégration et de développement.
    Ce qui en Europe, tue un grand nombre d’entreprises, c’est l’immobilisme, la peur de l’inédit et de la novation. Un candidat ‘voyageur’ a toutes les chances de porter l’entreprise en avant, pour autant qu’il soit reconnu comme un potentiel et non comme un ‘sujet’. Dans ce dernier cas, l’entreprise a alors, toute latitude pour se poser comme créatrice de compétences et de savoirs faire; donc de s’affirmer en tant que moteur et acteur, plutôt que élément socio-professionnel.

  5. Marie-Pierre Fleury
    4 octobre 2012 - 13h22

    Bonjour,

    L’étude est intéressante mais réalisée aux US dans un environnement culturel et légal très éloigné du nôtre.
    A analyser donc avec précaution me semble-t-il.
    Cdt

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