Agir contre le sexisme au travail, la nouvelle campagne de lutte gouvernementale

A l’occasion de la campagne « Sexisme, pas notre genre », le Conseil Supérieur de l’Egalité Professionnelle (CSEP) a présenté jeudi 24 novembre au Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle les résultats de l’enquête BVA sur « les relations de travail entre les femmes et les hommes au sein de la population non-cadre« . Sans surprise, le sexisme règne toujours en maître au sein des entreprises françaises.

Il y a trois ans, le CSEP avait déjà effectué une étude auprès des femmes cadres en révélant que 80 % d’entre elles étaient régulièrement victimes de sexisme au travail. 93% avaient avoué à ce sujet que ces menaces les amenaient même à modifier leur comportement en entreprise. Des révélations qui ont poussé le gouvernement à sanctionner le sexisme au travail dans la loi travail du 8 août 2016. Un mois plus tard, la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes Laurence Rossignol lance la campagne pour agir contre le sexisme dans le monde du travail. Celle-ci s’appuie sur les résultats d’une nouvelle sur la population non-cadre.

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47 % des femmes non cadres confrontées au sexisme

Mais que signifie l’expression « sexisme ordinaire » ? Elle désigne l’ensemble des attitudes, propos et comportements fondés sur des stéréotypes de sexe, et qui, bien qu’en apparence anodins, ont pour objectif de façon consciente ou inconsciente de dévaloriser et inférioriser les femmes. Et si la moitié des femmes salariées non-cadres estiment avoir déjà été freinées dans leur carrière à cause de leur sexe ( une augmentation refusée, l’obligation de faire une tâche dévalorisante…), 40 % d’entre elles n’ont pas réagi car elles estimaient que cela « ne servirait à rien« . Au cours de temps des réunions ou séminaires, 51 % des femmes ont déjà été coupées par un de leurs collègues masculins, désignées pour aller faire un café ou exclues d’un rendez-vous. Les trois quarts d’entre affirment que ces remises en question sont régulièrement accompagnées par des critiques physiques telles que « c’est quoi cette Barbie qui vient d’arriver dans le service ? », « elle ne sait pas faire grand-chose à part ses ongles« …

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Dans le cas des femmes cadres, c’est encore pire : 61 % des femmes ont déjà entendu dire qu’elles ne tiendraient pas le coup ou qu’elles avaient couché pour en arriver là. Elles sont plus de la moitié à se sentir mal à l’aise de prendre un congé maternité ou de travailler à temps partiel.

Le sexisme, un facteur de dépression

83% des interrogées avouent que les réflexions sexistes de leurs collègues ont un impact négatif sur leur santé, provoquant des signes d’irritabilité, des insomnies et pour 1 cas sur 100, des dépressions. Si la moitié des participantes arrivent à répondre à ses attaques du tac au tac, 37% n’iront pas en parler à leurs délégués du personnel par peur de subir des conséquences négatives.

Les actions menées par le gouvernement

Selon la ministre du Travail Myriam El Khomri, « le combat en faveur de l’égalité professionnelle est encore loin d’être achevé ». Pour y remédier efficacement, la Ministre insiste pour que la gravité des agissements sexistes soit notifiée dans les règlements intérieurs des entreprises.

« La loi n’a pas de poids si les dirigeants ne s’engagent pas fortement » (Myriam El Khomri)

Pour les aiguiller, le CSEP a donc lancé un « Kit pour agir contre le sexisme » donnant aux entreprises quelques outils pour combattre ce fléau. Après avoir rappelé les notions juridiques, comme le fait que l’auteur d’agissements sexistes peut se faire licencier, le kit divulgue également des conseils pour les employés. Il les incite à afficher leur engagement dans la lutte du sexisme et l’égalité salariale, à sensibiliser en interne chaque salarié à travers des événements et à prévenir tout comportement suspect afin d’éviter le harcèlement sexuel. Rappelons aussi que le sexisme concerne également les hommes : 4 sur 10 ont déjà entendu des réflexions remettant en cause leur virilité.

Le CSEP a effectué cette enquête en collaboration avec l’institut BVA auprès d’une population d’hommes et de femmes non-cadres pour faire suite à une précédente consultation auprès des cadres en 2013. Elle regroupe les résultats de deux enquêtes : une consultation auprès de 10 068 salariés non-cadres de 8 grandes entreprises (Air France, BNP Paribas, Casino, Orange, Total, Solvay, Suez et Veolia). Et un sondage national auprès d’un échantillon représentatif de 1502 salariés non-cadres de 18 à 64 ans.

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