Les 5 types de managers toxiques

Le management toxique existe, vous l’avez sans doute rencontré au cours de votre carrière. Malheureusement, comme nous l’explique Chantal Vander Vorst, une spécialiste du sujet, il faut faire avec. Pour cette formatrice, co-auteur avec Patrick Collignon du livre « Le management Toxique », il existe 5 types de managers ou de management toxiques : le management despote, le management mission impossible, le management antipathique, le management 4X4 et le management hyper. Voici ses conseils pour savoir comment les reconnaître et comment ne pas trop souffrir de leur toxicité.

1. Le manager despote

Manager-despote

Comment le reconnaître ?

« Le manager despote prend du plaisir à déstabiliser l’autre. Pour avoir du pouvoir, briller et se hisser le plus haut possible. C’est parfois un fonctionnement inconscient ou lié au fait que le manager est débordé et sous pression lui-aussi. Le despote est toxique à tous les niveaux : individuel, relationnel et organisationnel.

Au niveau individuel il va chercher à humilier une personne et à l’isoler, par exemple en ne lui envoyant pas toutes les infos. Au niveau relationnel, ça peut se traduire en réunion par des piques destinées à pointer l’erreur, à déstabiliser systématiquement, ou à prêcher le faux pour avoir le vrai…

Au niveau organisationnel, le despote agit de manière très subtile, en prenant le pouvoir, mais en laissant la responsabilité aux autres. Quand le manager despote prend une décision c’est à vous d’assumer les conséquences et de faire le boulot. Quand la décision est bonne il va s’enorgueillir du résultat à son profit pour tirer la couverture à lui. En revanche, si la décision est mauvaise, le despote va accuser quelqu’un d’autre et rejeter la faute sur sa victime ».

Que faire face à un manager despote ?

« Le management despote est souvent le plus difficile à gérer car le manager qui le pratique a recours à l’attaque personnelle contre ses collaborateurs. La personne qui subit les critiques d’un manager despote doit vraiment essayer de se recentrer en permanence.

Face à un management despote il faut se replacer sur un plan professionnel et être irréprochable dans son travail. Sur le plan relationnel, la meilleure attitude à adopter c’est d’être neutre émotionnellement. En cas d’attaque de la part du manager despote, il ne faut surtout pas entrer dans son jeu, ne rien laisser transparaître car le despote se nourrit des émotions et de la détresse qu’il suscite chez les autres. Ramener toujours les choses sur le plan professionnel pour désamorcer la stratégie émotionnelle du despote. L’autre chose à faire c’est de dire non dans le respect de l’autre. C’est surprenant mais on se fait plus respecter en disant non qu’en disant oui. Il s’agit là d’être un interlocuteur valable. D’un point de vue relationnel, il est important de rester bienveillant. Et face à un despote, c’est très difficile. Enfin, d’un point de vue organisationnel, faire voir les conséquences de ses actes au manager despote : en lui renvoyant la responsabilité de ses décisions par un effet miroir ».

2. Le manager « Mission impossible »

Manager-Missions-Impossible
Comment le reconnaître ?

« Le manager Mission impossible fixe des objectifs inatteignables ou des missions irréalisables. Ce type de management a un impact organisationnel : la description de poste est floue, voire inexistante, le manager est souvent très distant, absent, débordé ou alors carrément à l’étranger ou toujours en déplacement. Le cadre est peu défini et les collaborateurs se sentent perdus ».

Comment se comporter face à lui ?

« Comme face à tous les autres types de management toxiques, il faut garder à l’esprit que ‘tout ce qui n’est pas interdit est permis’. Cela signifie dans le cas d’un management mission impossible qu’on doit bien se rappeler qu’on est payé pour faire un job. Si vos missions sont floues, mettez-y de la clarté, mobilisez-vous. Vous avez aussi tout intérêt à communiquer autour de ce flou en disant par exemple : ‘voici ma description de poste actuelle, il me semble qu’il manque tel ou tel élément’. Expliquer aussi quelles compétences vous mobilisez pour quel projet et laissez la porte ouverte : ‘à votre disposition pour en parler’. Il faut surtout être pro-actif et ne pas être en attente. La clarté doit venir de vous ».

3. Le manager antipathique

Manager-antipathique

A quoi le reconnaître ?

« Le management toxique de type antipathie intervient dans le cas de personnalités incompatibles. Par exemple quand un manager qui aime les défis, ou aime se surpasser rencontre une personne pour qui établir le lien ou travailler en équipe est primordial… Entre ces deux personnalités, il y a des étincelles et une incompatibilité d’humeur. Du point de vue du managé, le management antipathique est ressenti comme un jugement, on dit que le manager « a ses têtes » qui ne lui reviennent pas et leur inflige un traitement spécial, souvent vécu comme une injustice ».

Ce qu’il faut faire :

« Face à l’antipathie, il faut méta-communiquer. C’est-à-dire communiquer sur ce qui d’habitude ne se dit pas : les impressions, les malaises en utilisant au maximum le « je ». Par exemple : ‘je ne me sentais pas à l’aise à la réunion pour telle raison, j’ai envie d’affirmer que…’ En méta-communiquant sur les émotions, en reformulant, on sort un peu de la mêlée pour observer le processus avec plus de hauteur. C’est une bonne manière de faire prendre conscience du caractère antipathique du management et montrer que ce traitement de défaveur a des conséquences émotionnelles sur vous. Mais parfois, le self-coaching ne suffit pas. Dans ce cas, il faut se faire aider ».

4. Le manager 4X4

Manager-4X4

Comment le reconnaître ?

« Le manager 4X4 est aussi qualifié de ‘monstre sacré’. C’est une personne très brillante avec une personnalité affirmée. Il n’est pas dans l’optique de détruire l’autre, comme le despote, il est juste très charismatique, aime les défis et se surpasser. Ce genre de manager tout terrain ne supporte pas la faiblesse ou la perte de temps au sein de son équipe. Le manager 4X4 voudrait que tout le monde passe les obstacles avec autant de facilité que lui, il ne comprend pas qu’on puisse avoir un autre rythme que le sien. Le manager 4X4 porte bien son nom : il passe partout mais détruit tout sur son passage. Et il ne se rend pas compte de la toxicité de son attitude, à part quand il regarde derrière lui et qu’il constate l’épuisement des managés, laissés au bord de la route ».

Que faire ?

« Rétablir ou établir une relation humaine en sortant du côté « machine ». En remettant le contact humain au coeur de la relation, en prenant une pause-café par exemple, cela permet de couper le moteur qui reste coincé sur le bouton ‘plus vite’, ‘plus fort’ et le ‘faire à tout prix’. Devant un manager 4X4, on peut affirmer sa méthode et son rythme en rappelant qu’on est dans le respect des objectifs et qu’on a pas besoin d’aller aussi vite si on veut faire le travail correctement. Exprimez-vous tout simplement en tant que personne humaine ! »

5. Le manager hyper

Manager-hyper

Comment le reconnaître ?

« Le management hyper peut prendre de multiples formes : hyper-perfectionniste, hyper-contrôlant, hyper efficace, hyper-ambitieux ou hyper-présent. Mais il est toujours hyper-actif avec 5 à 10 projets menés en même temps. Chaque nouveau projet, ou nouveau collaborateur, est accueilli avec une grande euphorie, avant de laisser place à de l’usure et une grande déception. Ces changements d’humeurs sont difficiles à gérer et fatigants pour les collaborateurs ou les collègues qui sont amenés à travailler avec un hyper-manager. C’est comme une machine à laver qui carbure trop fort et qui essore ses équipes. C’est un cycle infernal ».

Que faire face à un hyper ?

« Toujours revenir à l’objectif premier, au projet. Se recentrer sur le point de départ permet d’éviter la dispersion. Et poser la question du pourquoi, de la direction prise ou de la stratégie choisie. Un manager hyper peut emmener une entreprise très loin en dehors des rails, c’est parfois très dangereux. Le comportement d’une seule personne dans une société peut en effet avoir des conséquences dramatiques. C’est pourquoi il faut observer très attentivement les personnalités et les systèmes de fonctionnement des managers, en particulier les hypers ».

Selon Chantal Vander Vorst et Patrick Collignon, les deux premiers styles de management toxiques (Despote et Mission impossible) sont plutôt organisationnels, alors que les trois suivants (4×4, antiphatique et Hyper) agissent plus au niveau interpersonnel. Reste un point commun entre ces 5 types de management toxiques qui dédouane un peu les individus : « Ce sont dans certains cas des automatismes, on a tous un système automatique et un autre adaptatif » rappelle Chantal Vander Vorst. « Les managers ne sont pas forcément toxiques volontairement, c’est souvent inconscient ».

  • Couverture_management_toxiqueA lire : « Le management toxique » de Chantal Vander Vorst et Patrick Collignon, Editions Eyrolles, collection Neurosciences et vie au travail, 184 pages, 22 euros. Des extraits sont disponibles sur le site web du livre. Sur le site du livre les auteurs donnent des conseils et présentent dans le détail les différentes formes de management toxiques. Un test est aussi disponible pour savoir si votre manager vous intoxique !

Ces articles devraient vous intéresser

Commentaires

  1. pascal
    9 octobre 2014 - 11h28

    les réponses à adopter face au manager despote ou mission impossible sont largement sous-dimensionnées .
    S’il faut effectivement se montrer hyper pro et irréprochable il faut ensuite rapidement passer à la vitesse supérieure car cela ne suffit pas . Le but de ces managers est d’écraser et d’humilier pour renforcer leur égo .
    En général ces gens là sont de très mauvais professionnels .
    Il sont très souvent davantage dans le ‘faire savoir’ que dans le ‘savoir faire’

    Il faut donc agir de la même manière avec eux qu’ils agissent avec vous .

  2. DD
    12 octobre 2014 - 15h32

    a voir

  3. isa
    30 avril 2015 - 8h26

    sauf que ces gens font enormement de dégats et s’ils sont proteges, il faut se preserver soi meme, et la seule issue possible c’est partir….
    ils sont effectivement dans le faire savoir et absolument pas dans le savoir faire….ça fait peur…

Ajouter un commentaire

Il est possible d’utiliser les balises HTML suivantes :
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>
Ce blog supporte le système Gravatar, pour obtenir le vôtre, inscrivez-vous sur Gravatar.